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La soirée de vendredi ne devait même pas avoir lieu, personne devait venir.

- Pauline, tu viens vendredi ?
- Nan, je peux pas, je dois monter à cheval et tondre la piste d'atterrissage de Saint Armanmonmronmon entre 7h30 et 8h00 samedi matin.


Je me suis dit, ça se tient, elle doit se lever tôt tout ça.

- Sanaa, tu viens ?
- Nan, je dois laver mon chat et coudre une salopette en poil de nubuck à ma petite s½ur,
je rentre chez moi.


Là j'ai trouvé ça bizarre, mais c'est Sanaa en même temps. La levure, ça fait des dégats.

- Renaud, pour vendredi ?
- Je serais bien venu en voiture, mais j'ai plus d'essence. En plus j'ai pas de voiture, alors...Je viendrais bien en vélo, mais on m'a volé mes roues.
- Je comprends, ça arrive à tout le monde.


Là j'ai compatis, c'est vrai, ça peut arriver à tout le monde de pas avoir de fausse excuse. Avec Djamila et Claire, on devait voir Volver à 19h50. Alors on y est allé à 19h50. Mais la séance c'était à 19h20. Alors on est allé dans un autre ciné. Y'avait que des films nuls. Alors on a traversé Orléans pour aller dans un encore autre cinéma. C'était toujours nul, mais on en avait marre alors on s'est assise comme des clochardes au milieu des gens qui passaient. Moi, j'avais un peu faim.

- On va fumer un chicha ?
- J'ai faim moi.
- Peut être qu'on pourrait..
- Non, j'ai une idée ! On va manger.
- On dirait qu'on jouerait au jungle speed !
- Non Claire, a falloir arrêter maintenant.
- Oui, on doit te le dire : la Speedopotamie, ça n'existe pas. Les indiens speedopotamiens non plus.
- Et ils se sont jamais entretué à cause des feuilles vertes ? Des cartes toutes vertes ? Les filles !
- Non Claire, allez viens.


On a été manger un grec pour prendre un kilo et perdre cinq euros. On a parlé des gens qui font flipper, du rapport social à travers les époques grâce à des schémas et des sondages, de ceux avec qui ont est bien. Après on a appris à faire des ronds de fumée avec de l'abricot en Méditerranée et sur des coussins au deuxième étage. Enfin moi j'ai surtout toussé mais j'ai adoré si si.

PS: Photo de Weegee.

# Posté le mardi 23 mai 2006 11:25

Modifié le vendredi 26 septembre 2008 06:06

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Sur une idée originale de Pauline. Camérage : Pauline aussi. Ecriture du scénario: Marine. Assistante qui amène du jus d'orange ou d'autres trucs si tu veux: Clairassinoux. Un reportage comme dans les reportages de M6 mais sans la musique qui fait flipper et sans la grosse voix off. C'est moi la voix off douce et agréable. Si si.
Une classe préparatoire littéraire des plus normales, avec des gens normaux.

- Guilhem : Mais la transcendance de la Vérité pure pratique alors ? Qu'en fais tu, sophiste, Néron !
- Djamila : Selon l'Ethique de Spinoza, paragraphe huit, démonstration cinquante neuf, la vérité est adéquate j'entends qu'elle est vraie en elle même à priori et à fortiori.
- Guilhem : Errare humanum est. Et saepe in agro vivit. Sic itur ad astraque pugnantem !


Là, on voit que c'est pas du tout travaillé, déjà. Nan ; en fait, c'est comme ça :

- Renaud: Ah, ah, et vous connaissez pas la nouvelle chanson de Johnny? Oh Marie, si tu savais...Attends ! Et celle de Patrick Sébastien ! Le petit bonhomme en mousse !

Merci. Nous apercevons Justine Mercier, qui essaye de se cacher là bas. Justine, elle se cache toujours. Comme en anglais.

- Justine : Nan, c'est pas vrai !

Ah ouais ? On va voir.

- Clairassinoux: ( habillée classe avec des lunettes et l'air severe: c'est la prof d'anglais) Justine, what do you think about the text ?
( Elle se penche doucement vers la droite, pour disparaître sous la table. On entend un bruit de chute. )

Alors, t'as vu ?

- Rassinoux: (toujours en prof d'anglais ) Caroline, what do you think about this poeticism romanticism text ?
- Caroline: ( genre je parle anglais depuis que j'ai huit ans)
Oh, well, hum, I don't know, maybe, hum, he is living a half life metaphorized by the quatrain which is explaining the..

T'inquiète, nous non plus on comprend pas. Nous aussi on fait semblant de se moucher juste avant la question, ah mince, vous pouvez pas m'interroger c'est dommage. Nous aussi on se cache sous la table. Bon, y'en a qui ont du courage, c'est vrai.

- Djamila: The irishland, euh, the Ireland, composed by Irish people....

PS: Photo de Daido Moriyama.

# Posté le jeudi 18 mai 2006 07:02

Modifié le vendredi 26 septembre 2008 06:47

IL SUFFIRA D'UN SIGNE...UN MATIN-IN-IN-IN...

IL SUFFIRA D'UN SIGNE...UN MATIN-IN-IN-IN...
Article intitulé Djamilette part en cacahuette. Article intitulé j'ai vraiment rien d'autre à faire, non, non y'a pas de concours blanc cette semaine.

- Hé, les filles, hé les filles!
- Oui?
- Hé, ca serait pas un signe? Ce matin j'ai entendu sur NRJ qu'on pouvait gagner des places pour le parc Astérix!
- Ca tombe bien on voulait y aller.
- Justement, c'est un signe.


Cette fois là j'ai rien dit, ça paraissait normal. Y'avait pas de lueur de folie dans ses yeux, son poil s'était pas hérissé...La fois d'après où y'a eu des histoires de signes, c'était ce matin, j'ai commencé à flipper.

- Hé, Marine, c'est un signe!
- De quoi?
- Ce matin sur Vibrations j'ai entendu qu'on peut gagner des places pour un concert de Robbie Williams en chantant une chanson en chinois!
- Et alors?
- En chinois...Chinois....Marine....Marine....Chinois...


Genre hé Marine, y'a un truc qui fout la honte à faire, j'ai pensé à toi. T'sais, quand tu parles chinois tu nous fous la honte devant tout le monde. Mais si, quand tu fais ton cas soc'...T'sais, même les gens autour ils rigolent...Djamila elle dort pas la nuit, elle fait de l'escalade avec le scientifique qui a un sac bleu ciel, elle lit des trucs, mais que des trucs qui servent pas pour la prépa. Elle se balade, tout ça, elle va au cinéma, elle s'en fout que c'est la nuit. C'est pour ça après le matin, hop, ça va plus trop bien.

- Regardez les filles, y'a écrit OGM sur le papier, un jour on en a parlé!
- Hé regarde, y'a écrit "leurs" aussi, tout à l'heure y'a quelqu'un qui a demandé " Il est quelle heure"!
- Ouaah!


PS: Photo de Rineke Dijkstra.

# Posté le lundi 15 mai 2006 08:39

Modifié le vendredi 26 septembre 2008 05:20

PLUS SPECTACULAIRE QUE L'ODYSSEE. SAUF QUE YA PAS DE MONSTRES. BON D'ACCORD J'EN METTRAIS UN. MAIS C'EST BIEN PARCE QUE C'EST VOUS.

PLUS SPECTACULAIRE QUE L'ODYSSEE. SAUF QUE YA PAS DE MONSTRES. BON D'ACCORD J'EN METTRAIS UN. MAIS C'EST BIEN PARCE QUE C'EST VOUS.
Le printemps de Bourges, ça a bien commencé, mon train il a pas brûlé, il avait pas de retard, y'avait juste un tueur en série sur le siège en face à un moment. Je l'ai pas regardé dans les yeux et ça a été. Il a gardé sa valise avec ses armes dedans fermée, et moi je faisais style d'écouter Sanseverino l'air de rien en regardant le paysage. Ca avait bien commencé je te dis. Mais je suis sortie du train, et la première personne que j'ai vu...C'est Louise.

- Vous allez voir Cali ce soir ?
- On..
- Ca va être trop nul. J'ai pas envie d'y aller. Je sais pas pourquoi j'ai pris ma place.
- Bah moi non plus...
- Vous aimez bien vous hein, vous êtes formatées, vous êtes vraiment pathétique. Moi j'aime pas Cali. Il est trop connu. Y'a un seuil, tu sais. Le seuil c'est quand c'est connu j'aime plus.
- D'accord...Bon bah nous on va y aller...On voudrait garder notre moral, parce que c'est les vacances quoi...


Alors on est parti avec ma Paulinette, au concert de Cali. A un moment il a lancé sa serviette à côté de moi.

- Bah Marine !
- Quoi ?
- Marine !
- Quoi ?
- Cali ! Il a lancé sa serviette à côté de toi, t'as pas bougé !
- Pourquoi, je devais bouger ?
- Mais fallait attraper la serviette ! La serviette de Cali !
- D'accord, la prochaine fois je..
- Mais y'aura pas de prochaine fois ! Marine ! Putain !


Après j'ai cherché Louise du regard, voir si je pouvais pas me faire agresser par quelqu'un d'autre dans la même minute. Pour concentrer, comme ça après c'est fini.

- Marine ! Faut y aller !
- Bah pourquoi ? C'est pas fini, il va peut être lancer une autre serviette, et cette fois, crois moi, je vais la rattraper, je suis prête, je suis à fond, direct, il la lance, et hop..
- Nan. On y va, sinon on va rater le train.


Alors on a couru. T'sais pas genre un petit coup de speed entre les deux arbres du milieu de la rue et puis après tu halètes pendant deux cent mètres. Nan. Une demie heure de coup de speed.

- Allez Marine !
- C'est bon, arrête, je suis à côté de toi.


Pauline, elle avait deux mètres d'avance et elle se la pétait.

- On est arrivé là ?
- Nan.
- A la moitié ?
- J'en sais rien.
- Et là ?
- La moitié oui.
- Et là, j'espère que c'est fini. J'en peux plus. C'est au bout de la rue ?
- Encore deux ou trois rues.
- J'en ai marre. Vas y toi, moi je resterais dans la gare cette nuit. Je m'en fous.
- Marine....N'importe quoi. Allez !
- J'en ai marre...


Imagine bien le truc, moi en train de mourir, et Pauline deux mètres devant, tête haute et le pas leste, genre ça va bien, pourquoi ? Après, elle m'a tué.

- Tiens, moi qui suis pas fatiguée, qui peux courir tout en faisant une dissertation de philo et essayent des bottes à talons, je vais appeler Elisabeth !
- Mais...Pauline, t'es pas essoufflée ?
- Elisabeth ? Ca va bien ? Ces vacances ? Alors on se voit bien demain, blabla rendez vous blablabla, si, je suis avec Marine, mais je comprends pas pourquoi elle respire fort et elle a les joues rouges, oui, blablabla d'accord, ok, écoute, on est devant la gare, oui, à demain Elisabeth !
- ...
- Le train a vingt minutes de retard ! Mince, on aurait pu ne pas courir.
- Kof Kof.
- Marine ?
- Kof kof, ca va, arrête.
- Qu'est ce qu'il y a ?
- Kof kof, rien.


Après je suis morte. Et le matin, on a été chercher Clairassinoux qui veut que je change son nom dans mes articles sinon après elle se fout la honte parce que en vrai elle est pas comme je l'écris. On a été la chercher à la gare, mais son train il avait brûlé. Je te jure. Après elle a réussit à venir à Bourges en voiture, avec des gens qu'elle connaissait pas.

- Arrêtez, c'est mon porte feuille ! Mais ! Non ! Pas ma culotte !

Elle est arrivé et elle a pas osé en parler, elle a dit que ça c'était bien passé. Alors on a fait comme si de rien n'était. Bon d'accord je vais changer ton nom Claire, repose le téléphone, t'façon il sont occupés à la police. Claire, à Bourges, elle avait emmené son duvet, et puis un gros sac. Avec dedans tout le nécessaire. Des pierres, mais des grosses hein, tous ses cours depuis la cinquième rangés dans des cartons, ses chaussures de ski alpin, sa petite s½ur, un dictionnaire français/allemand au cas où. On était tranquillement en balade genre groupe hippie/pop/rock imprévisible trop déchiré quoi-an, d'Ice tea à l'air libre en jus d'orange gratuit dans un bar, avec Lauranne, Thibault, Elisabeth, Clément, Paulinette, Rassinoux et moi. Et le sac de Rassinoux. Ses pierres et tout ça. Nan, mais c'était indispensable, alors je me plains pas. A un moment on avait envie de s'asseoir, on a sorti les pierres, une chacun et voilà. A un moment on s'est demandé le prétérit composé du subjonctif passif en anglais comment ca s'écrivait, bah Claire elle a sorti ses cours d'anglais et hop. On est rentré à Saintamanronmonron, où Pauline elle habite. En voiture, à cinq dans une Micra. Tu sais, Micra, comme micro : ça veut dire c'est petit. Pauline, j'ai toujours l'empreinte de ta cuisse droite dans mon genou gauche. Les filles elles faisaient que de chanter pour déconcentrer Clément qui conduisait. Michel Sardou, n'importe quoi, quand moi j'ai chanté la crème de la chanson française, personne connaissait Dora l'exploratrice !

- Sac à dos, sac à dos ! Elisabeth, tu connais pas ?
- Nan, euh...Les filles, vous avez eu le BAFA ?
- Nan, moi j'ai raté, je suis nulle en gommettes. Clairassinoux elle a raté à cause de l'option « faites un sac pour partir en camping », elle a emmené n'importe quoi : un fax, sa petite s½ur encore, un chauffage électrique...
- Mais sinon, personne connaît « sac à dos, sac à dos » !
- « Bafa, bafa » !
- Pauline ? Qu'est ce que tu fais ?
- Bah quoi, je chante un mot, comme toi !


Et après j'ai rigolé pendant deux heures, d'ailleurs là j'en rigole encore un peu. Et après on dit que je suis bon public. Franchement je vois pas du tout pourquoi. Hahaha. Je rigole souvent c'est tout. On a tourné dans des chemins en terre pendant une heure, on croyait qu'on allait jamais arriver.

- Ouais, c'est vrai, on va jamais arriver.

Alors tu vois. En fait on est arrivé. « On va chez ma grand mère. Chez moi c'est trop petit. » a dit Pauline. C'était la nuit, c'était en bas d'une descente reculée où il pouvait y avoir des psychopathes cachés derrière la porte qu'on nous aurait pas entendu crier, mais je disais rien hein. C'est Clément, il a gagné le prix de la malalaiseté.

- Pauline, on va pas trop la déranger ta grand mère ?
- Nan, elle est morte.
- Ah merde, excuse...Euh...Je savais pas...Euh...Les toilettes c'est là bas nan ? Je vais voir.


Le jour d'après, on est allé voir le concert de Bénabar avec des potes de Pauline. Y'avait une fille qui voulait acheter du jambon, j'ai pas compris. C'était le premier mai, le muguet, tout ça.

- Nan, moi je veux acheter du jambon.

Et on a trouvé Cheikha Rimiti aussi. Nan. On est tombé sur Cheikha Rimiti, et ça fait un peu pas plaisir. Une litote se cache dans la dernière phrase, saurez vous la retrouver ? Charlie se cache dans cette page, saurez vous...Une litote c'est quand je dis ça fait un peu pas plaisir, alors qu'en fait, si on y avait pensé, on aurait jeté nos portables pour l'assommer. On aurait jeté n'importe quoi. Même Clairassinoux.

- Applaudissez bien fort Cheikha Rimiti !
- Nan.
- Bah ! Marine !
- C'est le concert de Bénabar. Alors je veux Bénabar. Pas une meuf déguisée avec des petits miroirs turquoises sur sa robe.
- ...
- M'en fous j'applaudirais pas. Je reste les bras croisés et les yeux mauvais. Oui je fais ma Louise. Qu'est ce qu'il y a ? Il est nul ce cours, t'façon, c'était mieux dans mon lycée de Montluçon. Ah, c'est pas un cours...Il est nul ce concert. C'était mieux à Montluçon.


Au bout de trois minutes, quand le public a vu qur Cheikha elle était arrivée juste au milieu du quart de la scène et que bon, c'était le concert de Bénabar quand même faut arrêter de perdre du temps, ils ont commencé à pleurer. Moi je la regardais toujours les bras croisés sans sourciller. Une heure. Elle voulait plus s'arrêter.

- C'est la fin là. Ca a l'air d'être la fin. Elle nous fait coucou, faut lui faire au revoir.
- Au revoir, salut, allez ! Allez !


Avec ensuite Vincent Delerm.

- Hé, c'est moi !
- « On est parti avant la fin...
- On se marie ?
- Du monologue Shakespearien... »
- Vincent, tu m'écoutes?
- « Aucun décor aucune intonation on s'est dit pourquoi pas, aucun public finalement... »


Il m'écoutait pas. Vincent Delerm avec son jean légèrement serré, sa chemise légèrement serrée pareil, le tout avec son humour et son attitude un peu...Décalée du monde genre je sors de Chambord, pourquoi ? Après le concert on a pris des trains. On avait des billets pour rentrer à Orléans, mais à la SNCF ils ont dit nan.

- Bonjour !
- Voie deux.
- Mais...
- Ta gueule.
- D'accord.


On est passé par Strasbourg. Puis Strasbourg-Lille. Lille- Vierzon. Vierzon-Arcachon, Arcachon-Orléans.Mais on était dans le train, on allait pas se plaindre. Par contre, tous les gens d'Arcachon ils avaient décidé d'aller à Orléans ou quoi ? Dans les wagons, c'était plein, y'avait même des gens à la place des bagages. En hauteur, là, les étagères à bagages me dit Pauline. Le tiroirs à bagages nan ? Les commodes à bagages, vas y dis le j'ai pas peur. Alors on s'est assis par terre dans le coin de transit entre les wagons. T'sais, quand t'as l'impression d'être assis entre les roues et les rails.

- Hein ?
- Quoi ?
- Tu m'as parlé ?
- Bah nan !
- C'était bien non ?
- Hein ?
- J'ai dit, c'était bien Bénabar non ?
- Oui, vas y, appuie toi sur la barre, moi je me tiens à la poignée d'ouverture des portes...


A Strasbourg, on a changé de train et on a même eu le droit de s'asseoir.

- C'ETAIT BIEN NON ?
- Arrête de crier, c'est bon, on est au calme.
- AH PARDON. Pardon.


A Orléans, à un moment, je me suis mise à crier.

- Hé, c'est le mec de la star ac' ! Le mec de la star ac' ! Les filles ! Oh !
- Attends, je prends ma valise. Tu veux pas m'aider ? Tiens, je vais devoir retirer des sous, je veux m'acheter du Doliprane je suis malade. T'as pas un mouchoir ? Non ? Pas grave. Marine, t'as mon sac de couchage ? Au fait, t'as fait une tache sur ta veste. Hé, tu savais qu'il était en soie mon sac de..
- MAIS LES FILLES ! Le mec de la star ac' ! Tout le monde s'en fout ou quoi ?
- Oui. Tiens, prends ma valise.


PS: Photo de Sally Mann.

# Posté le mercredi 03 mai 2006 11:49

Modifié le vendredi 30 janvier 2009 10:05

CLAIRE ET DJAMILA CONTRE LES MALFRATS

CLAIRE ET DJAMILA CONTRE LES MALFRATS

Attention ça fait peur. Y'a des méchants qui font des trucs méchants, et des gentils qui ont des yeux de faon dans cet article. Dans la pénombre d'une nuit d'hiver, le jour déclinait. Dans les rues d'Orléans, Claire et Djamila se baladaient naïvement en regardant les petits oiseaux, il était quatorze heures deux quand tout à coup:

- Bonjour je m'appelle Kadera, et je mesure un mètre quatre vingt douze! Je travaille pour une association qui opère du coeur les enfants qui ne vont jamais en vacances et qui sont battus sexuellement par leurs parents alcooliques et immigrés clandestins! Veuillez prendre en compte ma demande, sinon je vous frappe avec amabilité. Merci.
- Oh oui, on veut donner de l'argent! Nous, toute façon, on aime bien se faire arnaquer par les associations qu'existent pas. On revient juste des alcooliques au champomy. Moi je sais que c'est possible parce que j'ai déjà bu du champomy, et bah wouh! J'étais trop bourrée-déchirée de la life!
- En plus ça tombe bien, je voulais m'acheter une nouvelle voiture.
- Bah voilà! On vous donne huit euros!
- Nan, cinq ca suffira, je voudrais pas profiter de votre gentillesse...Tenez, je vous donne la carte d'adhérant.


Quand, en rentrant au lycée, Claire et Djamila sont traversées par la transcendance de la réalité temporelle de la conscience extatique. En gros, y'a des gens qui se sont foutu de leur gueule en regardant la carte en papier toilette impriméé à Taïwan que c'était même pas centré. La honte.

- Regarde la super-mignonne- top moumoute carte avec un bébé dessus que je viens d'acheter pour soutenir la recherche contre le cancer!
- " Stop la discrimination, ont viens tous de la meme facon".
- Ouais j'ai trouvé ça trop bien quoi-an, la précarité c'est trop pas bien cool moralement!
- Mais là ça parle pas de précarité...
- Ouais mais je veux dire, on va pas vivre à genoux toute notre vie quoi, enfin je veux dire.
- Ouais d'accord, tu t'es fait arnaquer.
- Mais que cinq euros, pas huit.

PS: Photo de Sarah Moon.

# Posté le vendredi 31 mars 2006 04:00

Modifié le vendredi 26 septembre 2008 04:56

LES YEUX EBLOUIS DE RAYONS. C'EST DU D'AUBIGNE. COMME QUOI IL PARLE PAS QUE DE GENS DECHIQUETES. MAIS EN GRANDE PARTIE, SI, QUAND MEME.

LES YEUX EBLOUIS DE RAYONS. C'EST DU D'AUBIGNE. COMME QUOI IL PARLE PAS QUE DE GENS DECHIQUETES. MAIS EN GRANDE PARTIE, SI, QUAND MEME.


Souvient toi le printemps dernier.C'était l'époque des clips US à fond dans ma chambre.

- Baisse !
- Y'a quelqu'un qui m'appelle ?
- BAISSE !
- On dirait que j'entends une petite voix...
- MARIIIINNE BAISSE !
- Attends j'entends rien, je baisse.
- MARIIIINE !
- Pas la peine de crier, je t'entends hein.


C'était l'époque du laisse moi tranquille maman, il est quatre heures du mat mais sur msn y'a des gens intéressants. L'époque où quand le prof me martyrisait, j'écrivais sous ses yeux l'article où je me foutais de sa gueule. J'étais trop rebelle quoi-an. Je voulais juste écrire pour plus m'ennuyer en fait. Mais j'étais trop une rebelle quand même quoi-an ! C'était plein de vie et de peps, de musique qui bounds à la Willy Denzey. L'époque où tous les soirs je mettais deux heures quarante cinq pour trouver LA tenue du lendemain, le jupon, les spartiates en cuir marron, le vert d'eau, le turquoise, le vert pâle, c'était le printemps et c'était bien, mon MP3 dans les oreilles, Tout le bonheur du monde; à photographier les fleurs jaunes de mon jardin en revenant des cours, que ca sert à rien, mais ca fait plaisir. Marcher au soleil en balançant son sac comme dans les pubs Loréal, ouah je suis une femme pleine de vie que même j'ai une nouvelle crème de jour Perle de lait. Si c'est une crème de jour, hi hi hi.

PS: Photo de Sally Mann.

# Posté le jeudi 30 mars 2006 07:36

Modifié le mardi 17 mars 2009 17:48

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Tu connais Louise ? Nan ? Alors tu vivras plus longtemps. Tu n'auras pas d'ulcère et quand même bien pour vivre sans souffrir. Avec Louise, faut se créer une méthode de relaxation. Faut bien respirer et penser pas de trous dans mon estomac pas de trous dans mon estomac. Louise, tu passes devant elle en faisant comme ça avec le bras, même juste un petit peu, et hop elle se fout de ta gueule. Tu dis un truc, faut réfléchir avant pour essayer d'esquiver les attaques mais c'est presque impossible qu'elle se foute pas de ta gueule. Même si tu dis bonjour. Moi quand je vois Louise je me dis je lui dis bonjour comment ? Si je mets trop d'énergie elle va dire que ça fait pétasse, mais si je la fais trop éteinte elle va dire que je suis mole, attention Marine modère ta voix en si bémol majeur à la quarte juste, fais attention, pas trop heureux, pas trop aigu, le bonjour. Pas trop aigu j'ai dit, et voilà, c'était trop aigu ! Ca y est j'ai mal au ventre. Louise, on dirait qu'elle aime rien sauf le reggae, Marx et son copain. Le reste, elle s'en moque. Mais en vrai, elle se fout de la gueule du reste ça veut dire. Elle a pas un nano gramme d'indulgence, faut être percutant sinon elle soupire. Louise, elle fait sa crise d'adolescence à dix huit ans, t'as l'impression d'être sa mère quand tu lui parles, mais non sois gentille Louise, mord pas le monsieur il t'a rien fait, mais non lui il a rien fait, pourquoi tu te moques il a juste les mains dans les poches...On a été voir Bénabar avec Louise.

- J'aime pas Bénabar.
- Pourquoi ?
- J'ai écouté une chanson « je veux pas y aller à ce dîner gna gna gna », c'est trop con.
- Il a pas qu'une chanson...
- J'aime pas Bénabar, c'est trop nul « la nouvelle chanson francaise-an ».
- Mais...
- J'aime pas Bénabar, c'est trop con Bénabar.
- ...
- C'est trop con Bénabar.

- J'ai mal aux pieds.
- Hum...
- C'est trop nul cette chanson.
- Hum...
- Blablablablabla


Et toi tu voudrais écouter. C'est comme en philo, tu voudrais écouter, mais y'a la voix de Louise qui se greffe à la raison pure pratique de Kant qui parle à travers le corps du prof de philo. Kant, sort de ce corps ! Et Louise, arrête de griffer Kant, il y est pour rien, Louise ! Lâche le philosophe, lâche ! En fait mon estomac il est à base de trous, de vide maintenant.
Et Claire aussi, Claire qui ne sait pas prononcer « se coucher tard la nuit, se lever tôt l'après midi » y'a toujours un mot pas à sa place. "Se coucher tard l'après midi se lever tôt la nuit, non se couler tard le matin, se lécher tôt...Nan, ah nan. Mince ! Mince ! Attend, je recommence. Si je recommence, tu vas voir je vais y arriver." Claire c'est la seule que quand y'a une chanson trop triste, genre au piano, « Qu'est ce que tu voulais que je lui dise », que les gens ils sont tous en train d'écouter, absorbés, en transe les yeux retournés derrière la tête, et qu'ils pleurent en masse, Claire, elle, elle agite son tube fluorescent qu'elle a trouvé par terre.

- Claire..
- Quoi ? Elle est trop bien cette chanson, ah, ça me donne envie de danser..
- Claire...
- C'est bon, laisse moi gigoter mon tube.
- Claire t'es la seule...
- Oui je sais j'ai gardé ma veste, mais c'est parce que..
- Claire, va falloir arrêter.


Claire, je suis sûre elle est toujours en train d'agiter le tube bleu dans sa chambre. Ca fait peur des fois.

PS: Photo de Nan Goldin.

# Posté le mardi 14 mars 2006 07:16

Modifié le mercredi 13 mai 2009 17:46

PAULINETTE

Ma Paulinette c'était son anniversaire y'a longtemps, mais on le fête que maintenant. Alors on fait comme si c'était une surprise : Oh ! Je te fais une surprise ici, j'en fais partout où je peux, je vais même aller le crier au CDI mais la documentaliste elle va dire « chut Marine ! ». Je le ferais quand même j'ai pas peur, je lui donnerais un coup d'Agrippa d'Aubigné sur la tête ça va la calmer. Ma Paulinette, elle est intelligente, elle sait traduire du latin sans faire de fautes, elle comprend ce que dit la prof d'anglais même quand c'est pas clair, elle a toujours des bonnes notes, et en plus elle triche jamais. Enfin...Pas souvent. Ma Paulinette elle a la classe elle est toujours bien coiffée avec la mèche dans les yeux même si elle voit rien, c'est noir ; elle supporte. Ma Paulinette elle est géniale, quand il m'arrive un tout petit truc nul et que je suis excitée, elle l'est aussi, vas y il t'a dit quoi, trop bien, et elle sourit. Paulinette elle est drôle, alors on la prête pour les mariages. Faut juste la rendre avant jeudi soir là, parce qu'on va au Paxton. Ma Paulinette, elle sait que je l'aime de Saint Armantruc jusqu'au Saint Armantruc de la Chine Coréenne de la mafia libanaises de drogue.

Signé Michou Mickson.

# Posté le jeudi 09 mars 2006 08:23

Modifié le vendredi 26 septembre 2008 04:43

CACHE-CACHE. J'AI GAGNE TU M'AS JAMAIS TROUVEE. MERDE.

CACHE-CACHE. J'AI GAGNE TU M'AS JAMAIS TROUVEE. MERDE.
Je remontais de la cave. Rigole pas, la fête, elle était dans la cave. Bref, moi je remontais, arrivée tout en haut, il parait qu'il m'a jeté un regard de feu. C'est mon alliée depuis la création des boys band qui me l'a dit, parce que moi j'étais en état d'alerte, je devais regarder...La commode ? Ouais, c'est bien la commode. Je regardais la commode, mais G., elle a vu ce regard. Y'avait du wouh dedans, il paraît. Enfin c'est ce qu'on dit. Et bah il était le bienvenu ce regard. Dix ans pour se préparer.

- Ah il est midi, je dois me préparer.
- Mais tu vas à une fête ce soir nan ?
- Bah ouais, c'est pour ça, je vais me préparer.


Minimum trois heures de brushing. C'était l'époque où je voulais des brushing. L'époque où je me trouvais grosse. Mais c'était pas vrai. Maintenant si mais c'est moins grave. La robe noire trop classe, moulante ça c'est sûr, et jolie. Jennyfer. Rigole pas, y'avait des trucs mettables des fois, chez Jennyfer. Surtout quand t'es en quatrième. Y'a la robe du regard de feu. Dans la chambre tout en haut, je cherchais à me rendre moi cloche. J'entendais la musique en bas. J'ai toujours aimé écouter les fêtes de loin. Une barrette pour cette mèche, mais qu'est ce que c'est que cette tête. Il était remonté aussi, dis donc. Pas la peine de faire du suspens, je sais qu'il était remonté exprès. Il a passé sa tête, et c'est là que tout a commencé. Une phrase, vite, une phrase. Pas débile, la phrase, Marine, réfléchis. C'est là que j'ai commencé à surveiller ce que je disais. Chercher des répliques percutantes, pour qu'il s'en rappelle. Pour qu'il rigole. Ou un sourire au moins. Il a passé la tête dans la chambre, il m'a sourit. Instant de bonheur, flash, c'est dans la boite, c½ur qui bat et plongeon dans ses yeux. Une discipline olympique, ma préférée.
La soirée où il m'a étouffé, j'ai cru j'allais mourir. Ce guignol arrêtait pas, pourtant je criais. Mais la couette, ça atténue les sons. Ca atténue aussi la respiration, y'a pas à tortiller. Ca fait comme un petit manque d'air. Quand Loulou et moi on était petit, je l'étouffais, pareil. Ca m'amusait de le faire gueuler. Je savais pas ce que ça faisait du point de vue de l'étouffé.
Après l'étouffement, on a continué à jouer, mais je te préviens si tu recommences, je rentre chez moi. Tu m'as fait trop peur espèce de connard, je garde mon téléphone sur moi, si tu recommences j'appelle mon père il va venir te taper. Mon père c'est un dingue, un jour y'a un gars il m'a fait pleurer au collège, il est venu le voir, avec sa moto noire, son casque, son blouson noir le gars il a fait pipi dans sa culotte. Recommence pas.
Un jour on a tous dormi en bas, y'avait des matelas partout. Où on était loin au début, chacun à un bout. Tu m'entends ? Nan prends un mégaphone ! Et puis des man½uvres de chaque côté. J'aime pas ce canapé, je vais plutôt aller là. Tiens, moi je vais me mettre dans ce sens. Oh, on est à côté, incroyable, comme de par hasard ! La lumière éteinte, j'essayais de calmer ma respiration. J'ai jamais réussi à dormir bien à côté de lui. T'es ou ? Je suis là. Mais t'as pas la tête de mon côté. Bah nan. Mets ta tête de mon côté. Il voulait qu'on se regarde, yeux dans les yeux, dans la pénombre. Bah vas y te gêne pas, je vais encore moins pouvoir dormir, là si tu me regardes.

PS: Photo de Shoji Ueda.

# Posté le jeudi 08 décembre 2005 17:02

Modifié le vendredi 30 janvier 2009 09:59