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Y'a un groupe facebook qui s'appelle « Je préfère fumer du crack au petit déjeuner plutôt que d'aller à un concert d'Indochine ». Et pourquoi pas fumer du crack avant d'aller au concert d'Indochine ? Comme ça tu peux avoir l'impression que c'est Alain Bashung ( ou un groupe, les Pixies from Las Vegas from the backstage of the underground, pour ceux qui aiment des trucs trop cool que je connais pas). Bon c'est vrai que le chanteur d'Indochine il chante un peu faux. Mais moi aussi. En même temps je fais pas de disque. Ni de concert. Sauf de piano, mais y'avait que les 7-8 ans du conservatoire, ma prof qui croyait en la réincarnation et ma mère qui écoutaient.

- Papa, tu viens à mon concert de piano ?
- Non, ça me casse les oreilles tous ces bruits horribles.
- ?
- Ah, je voulais dire, non ça me rend fou cette musique. C'est pas que toi (même si c'est surtout quand toi, tu joues), c'est les autres aussi (encore pire).


Bref. Il semblerait que je m'éveille de mon sommeil social. Enfin y'a encore personne qui veut trop me voir. Mais j'ai bien envie de faire des trucs. J'ai eu comme une grosse envie (de deux ans) de rester avec toi 24 heures sur 24, sans sortir. Et puis maintenant c'est fini. Plus de carbonaras, plus de collection de dvd de taré à regarder. Plus de sommeil vingt heures par jour, Satanas, c'est toi qui m'as entraîné là dedans. Tous les matins, lever à sept heures, et jogging le long de la ligne de RER. Comme dans les films (de banlieue). Il faut une esthétique baudelairienne pour apprécier les paysages urbains. (Il faut ça, et habiter ailleurs qu'à Port Royal.) Evidemment je me lèverai pas à sept heures, et je ne ferai pas de jogging. C'est métaphorique. Par contre, tous les jours, j'enverrai des cailloux sur les fenêtres de mes voisins cons. C'est pas métaphorique et ça fait du bien. Quand je passe devant leur porte, je profère des insanités. C'est agréable aussi. (Je pouvais pas avoir des voisins cool. Je sais pas...Monique Dixsaut, ou une vieille dame qui travaille à la poste. Non, il fallait que j'aie deux cons.)

Photo de Rineke Dijkstra.

# Posté le mercredi 25 février 2009 07:38

Modifié le mardi 03 mars 2009 10:02

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J'ai plusieurs lignes éditoriales. Y'a Stone et Charden, l'idole du lycée et sa s½ur qui m'apparaissent en rêve. En fait ils m'apparaissent plus, mais j'ai écrit ça y'a longtemps. J'avais aussi écrit que Pauline Debarbouk faisait des soirées roses.

- Heroes ! Des soirées Heroes ! On regarde des épisodes d'Heroes et on mange des chips.
- Ouais mais le truc c'est que c'est rose c'est ça ?
- Quoi ? Y'a rien de rose ! On regarde Heroes c'est tout.
- Je vois ouais. Tu veux pas me dire. T'façon ça doit se voir si c'est rose. Quand je passerai chez toi...


Je voulais aussi écrire que si mes copines n'en peuvent plus de moi eh bien c'est tant mieux.

- Alors là je m'en fous moi ! Je vais faire...des trucs toute seule. Ah c'est super bien de faire des trucs toute seule... Là je fais la vaisselle, et après je vais changer les draps. Et demain je vais en cours. Après demain je vais lire Galilée. Youpi. Non vraiment youpi c'est fou ce que je m'amuse.

Mais je ne suis pas très polie il est vrai.

- Non tu ne dis pas « Dis donc tu t'es bien fait claquer la gueule par cette fille. Faudrait qu'elle arrête non ? », tu dis « Il semblerait qu'à certains moment elle soit prise d'une fureur qui ne change rien à sa bonté naturelle ».


Je ne suis pas très polie et ça tombe bien ne je me destine ni à l'hôtellerie de luxe ni au commerce international.

Au début j'ai pas compris qu'on pouvait conserver ses amis quand on avait un amoureux.

- Non non c'est bon y'a Boris.
- Mais nous sommes tes amies !
- Ca va, ça va.


Mais ça c'est l'aveuglement des premiers temps. (Des premières années pour moi qui suis longue à la détente et qui fait tout à l'extrême. Comme pour les poivrons). Et c'est quand je me suis rendue compte que j'étais contente de parler à la secrétaire du M1 que j'ai compris. J'ai besoin de liens sociaux. C'est indéniable. Mais maintenant c'est tout foiré, et le moindre truc que je fais vous agace, bande de zeitounes. Des fois j'ai des gastro, et je mange pas la soupe à la crevette, des fois même c'est le nouvel an.

- Non vraiment j'en ai marre de Marine ! T'as vu comment elle a fait sa chochotte au nouvel an ? Elle voulait toujours rentrer au lieu d'aller à pied jusqu'à la porte Maillot. A un moment elle a dit « j'ai envie de vomir » et là je me suis vraiment dit elle va trop loin. Y'a une limite. Elle a même pas vomi-an !
- Et quand elle a refusé de manger la soupe y'a un an et demi! Ca ne se fait pas !

- Quoi ? Tu as dit que tu voulais qu'on extermine tous les clochards de Paris ? Mais d'où tu sors Marine ! Tu es vraiment une pourrie gâtée comme dans High school Musical.
- Mais non, j'ai dit, où sont les toilettes ? Vous avez peut-être mal entendu...
- Tu nous traites de menteuses ?
- Mais non...Bon ok je veux bien exterminer tous les clochards de Paris...


Autre sujet, autre fléau international: à Acadomia ils font des formations pédagogiques pour leurs enseignants (dont moi). Une copine m'a parrainée pour avoir une place de cinéma et un sandwich. Ils ont déterminés plusieurs profils d'élèves. Y'a le rebelle, le timide et l'hyperactif. Voilà voilà.

- Qui a déjà eu affaire à un rebelle ?
- Moi ! Il était pas sympa ! Il aimait pas l'école !
- C'est bien Malaurie.


- Qui a déjà eu affaire à un timide ?
- Moi ! Mais c'est parce qu'il était sans papier, il voulait pas trop en parler.
- Tu l'as dénoncé j'espère ? J'ai oublié de vous dire : toutes ces catégories ont un point commun. Les enfants sont français et riches.
- D'accord. On sera bien payés alors ?
- Non les bénéfices c'est pour nous
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On doit signer qu'on ne réutilisera jamais leur méthode pédagogique en dehors de l'entreprise et qu'on accepte les CDD d'une heure au SMIC. Mais ne t'inquiète pas Robert Mitchum, inventeur de cette méthode. C'est la tienne je te la laisse je n'en parlerais jamais à personne. D'ailleurs je vais tout faire pour l'oublier d'ici la fin de la journée. A Acadomia ils font signer n'importe quoi, « je vendrai ma mère et je mangerai des fougères » aux étudiants qui ont besoin de thunes.

- Signez ici et donnez-moi un litre de votre sang. Vous n'avez pas le SIDA j'espère?




Photo de J.H. Engström.

# Posté le samedi 07 février 2009 13:19

Modifié le lundi 23 février 2009 19:36

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Des fois on s'appelle :

- Je te téléphone encore, ivre mort au matin, car aujourd'hui c'est la saint Valentin. Et je me remémore notre nuit très bien...Non non non, je ne suis plus soûl, un peu à bout c'est rien.

C'est souvent moi qui dis ça, pourtant ce n'est pas moi qui étais soûl. Dès que j'entends le début de la chanson j'ai envie de t'appeler et de te la chanter. Tu reçois mon coup de fil comme il se doit.

- Allo. Rappelle moi plus tard je dors là.
- Mais il est cinq heures de l'après-midi ! Tu comptes vivre un jour sur deux, et aujourd'hui tu dors 24 heures c'est ça ?


- Allo oui, c'est moi encore, écoute moi bien. Moi la nuit quand je m'endors, je t'imagine très bien, perdu sous d'autres corps, me réclamant en vain. Non je rigole. T'as pas intérêt à t'approcher d'autres corps. Même celui des hommes, et même pour un projet photo.
- Tu m'emmerdes. Je vais faire une soirée chez Johnny et Clément.
- Ouais bah moi je vais faire un black jack avec Eddie Mitchell.


Des fois je me demande ce qu'on va devenir. Mais c'est surtout quand l'hiver me file une petite déprime. On va encore aller à l'Accatone, et au Katorza ; on va partir en vacances et t'auras peur de te baigner. Je te forcerai et tu feras une nervous break-down-an. Mais ça ira. Je ne suis plus désespérée. Tu détesteras toujours Benoit Dorémus et Renaud Séchan. Tu m'hurleras dessus quand je dirais que Matthieu Kassovitz est sympa d'avoir produit Louise-Michel. T'es vraiment un psychopathe. Mais je t'aime bien quand même. J'essayerai de te réveiller trois fois par jour, et tu m'enverras chier. J'aurai une dvdthèque de plus en plus sèche. Mais y'aura encore Buffy. On aura une bibliothèque de livres d'art avec Trying to dance. Tu feras une crise d'apoplexie quand j'aurais mon M2 et qu'il sera avéré que je comprends des choses que tu ne comprends pas. On ira au hammam et tu croiras faire une crise cardiaque. J'aurais une maladie mortelle par semaine et le cartilage de tes oreilles continuera à se déplier (Est-ce que tu crois vraiment qu'il est possible que ton cartilage se déplie petit à petit?) Par contre pour mes maladies mortelles y'a aucun doute. On mangera des pâtes toute notre vie pour pouvoir acheter des DVD et des livres de photos J'aurais un job et toi non. Tu dormiras indéfiniment. Mais remarque peut-être que quand tu te réveilleras tu auras toujours 24 ans. Tu seras encore en école d'art quand on aura notre deuxième enfant. Aucun de nous ne saura jamais conduire et nos familles nous flagelleront encore et toujours : « Et si un jour y'a une tempête de neige, une grève des transports, que tu fais une crise cardiaque et que t'as la cataracte : comment t'iras à l'hôpital sans voiture ?». Mes parents feront des marathons jusqu'à 70 ans et nous n'en ferons jamais aucun, heureusement.



Photo de Nan Goldin.

# Posté le samedi 07 février 2009 13:17

Modifié le lundi 23 février 2009 17:16

DAVID BOREANAZ ETAIT UN DIEU QUAND J'ETAIS AU COLLEGE.

DAVID BOREANAZ ETAIT UN DIEU QUAND J’ETAIS AU COLLEGE.


Quand on s'est rencontré, tu m'avais dit que je ressemblais à un petit ours et ça m'avait vexé. Mais il faut bien avouer que c'est vrai. Je ressemble à un petit ours, je ressemble à un petit ours, c'est comme ça. J'aurais préféré être Pénélope Cruz mais qu'est ce que tu veux. Au début de notre relation, un soir je t'ai appelé.

- Allo?
- Oui ça va? Je suis dans le coffre d'une voiture et toi?
-??
- Alors quoi de neuf?
- Mais tu vas bien?
- Oui oui.
- Pourquoi t'es dans un coffre?
- Je sais plus trop. Ca devait être pour rigoler.


En fait c'est qu'il n'y avait plus de place dans la voiture et comme t'étais tout bourré tu t'étais fait arnaquer.

- On dirait que ça serait Boris dans le coffre...
- Ouais! Super c'est moi! La chance!


Et voilà maintenant t'es tout névrosé à force d'avoir fait n'importe quoi dans ta jeunesse.

- On va à la piscine?
- Non j'aime pas la piscine. On se baigne dans la sueur des gens.
- Mais c'est de l'eau du robinet avec du chlore...
- Ca c'est ce qu'ils disent. Mais c'est la sueur des gens. En tout cas à Rouen ça a toujours été comme ça.


C'est ça. Et puis t'as super peur des clochards.

- C'est normal, quand j'étais petit y'avait un clodo qui m'agressait à chaque fois dans le métro. Il criait mon nom et me laissait pas partir.
- Comment il savait ton nom?
- Bah je lui avais dit. C'était Aurélien...


Sinon, je voudrais dire merci à tes s½urs de t'avoir offert un harmonica à Noël.

- Allo ? Oui Bab', ça y est j'ai rendu mon mémoire et..
- Pfu pfu pfu, pfu pfu ! Pfu pfu, pfu !
- Hé je te parle, tu me fais quoi là ?
- Je te fais un concert ! Ecoute c'est un concert d'harmonica !
- Tu fais pas un concert tu joues n'importe quoi.


A chaque fois que je t'appelle tu veux faire un concert. Tu sais, si tu as travaillé toute l'histoire de l'art pendant deux ans avant de peindre, tu devrais faire pareil pour l'harmonica. A mon avis il te faut au moins trois ans de théorie sans toucher à l'instrument. Ou bien si tu veux je te l'échange contre un sweat. Un sweat qui ne fait aucun bruit, un sweat tout doux.

- Non non je garde l'harmonica ! Quand j'exposerai mes photos, je mettrai un masque de cochon et je déclamerai des vers. Et puis pfu pfu un peu d'harmonica. Ils vont adorer aux Beaux-Arts. Et si en plus je me mets tout nu dans l'amphi avec E. F. ...
- Mais t'es pas obligé non plus.
- Ca n'a rien à voir avec du sexe hein. Ca en aura l'air, mais c'est pour le projet. Et puis c'est pas vraiment une fille, je veux dire elle est pas vraiment sexuée.


Nan ça c'est toi qui a un problème de vision. Elle est sexuée je t'assure. Y'a d'ailleurs un truc étrange qui s'est produit. Tu m'as toujours dit que dans ton école les filles étaient moches.

- Toutes ? Toutes de toutes les années ?
- Oui ! C'est fou hein ! C'est incroyable, on dirait qu'à Nantes ils recrutent exclusivement des moches.
- Oui dis donc.


Et puis quand on les croise ça ou là, je découvre que ce sont des bombasses.

- Ah t'as vu cette laideur. Des fois la nuit j'en fais des cauchemars.
- La fille qu'on vient de croiser ?
- Oui, je sais pas comment elle fait. La sécu devrait lui payer de la chirurgie esthétique ou un truc du genre.
- ???



PS: Photo de J.H. Engström.

# Posté le mardi 27 janvier 2009 08:25

Modifié le lundi 09 février 2009 14:15

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- Ca te dérange pas si je tourne une vidéo avec une fille nue ? J'ai eu une vision fulgurante, elle est nue elle danse, et puis quelqu'un la pousse, elle tombe, elle se relève et on la refait tomber...
- Pas de problème. Ca te dérange si je sors avec un mec du master de philo ? Ah, et j'ai eu une vision fulgurante sinon. Je te pousse, tu tombes, et là je te re-pousse et tu re-tombes.




Photo de J.H. Engström.

# Posté le mardi 13 janvier 2009 15:01

Modifié le mercredi 14 janvier 2009 18:06

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On peut pas tout faire. Etre une amoureuse unilatérale, écouter Stacie Orrico, et réfléchir. Au lycée, j'écoutais Stacie Orrico et j'étais une super amoureuse unilatérale. Assez pour ne jamais avoir le temps de réfléchir à quoi que ce soit. Maintenant je passe des journées chez moi à lire Nietzche en pyjama. Evidemment je n'ai pas la classe des enfants à qui on a appris à lire à 3 ans et qui font des « dîners somptueux » avec leurs amis le dimanche. De toute façon ça existe vraiment ce genre de personnes ou bien c'est une blague ? Est-ce qu'on fréquente le même espace temps ?
Alors c'est malin, le cul entre deux chaises. Ni Stacie Orrico, ni dîners somptueux en parlant de philo analytique. Un hybride au milieu. J'entre dans l'espace temps « Mon père habite dans un loft à New-York », mais mes parents ont une maison décorée en style bateau. Ah ça y'a des coquillages, des phares, des filets, des pirates, des hublots, tout ça sur les murs. J'avais dit si je pose la bouche en cul de poule à une soirée où j'étais trop bourrée-an, tuez moi. Et puis deux jours après j'étais bourrée la bouche en cul de poule. Alors là évidemment y'a des risques. Si je vais à des "dîners somptueux" tuez-moi. Y'a des risques, mais pas tant que ça. Déjà je n'y connais rien en philo analytique. Et puis dimanche je suis pas là.
Et surtout, quoi qu'il arrive, j'adore écouter Stacie Orrico et toute la ribambelle de daubes d'avant 2005. C'est comme un cocon rassurant. Mais pas parce que Matt Houston a des poils sur le torse ou un gros sweat SeanJohn. C'est rassurant parce qu'au lycée, la vie était plus ou moins cool et que j'ai du rester coincée dans cet espace temps à l'insu de mon plein gré. Et au fait, j'en ai jamais marre des blagues sur Chuck Norris.



Photo de J.H. Engström.

# Posté le mercredi 03 décembre 2008 16:30

Modifié le jeudi 15 janvier 2009 09:22

LA NUIT JE MENS JE PRENDS DES TRAINS A TRAVERS LA PLAINE.

LA NUIT JE MENS JE PRENDS DES TRAINS A TRAVERS LA PLAINE.


Des fois je bloque. Sur l'intro de J'écume d'Alain Baschung en live. Sur Adieu Tristesse d'Arthur H. Ou sur tu sais tu me dégoûtes Billy, tu n'es vraiment qu'un con, Billy, de Jean-Louis Murat. Et là peu importe si mon voisin est un déglingo. (Puisqu'on peut plus insulter les amis des autres, j'ai décidé de me rabattre sur mon voisin. Et y'a de la matière.) J'ai proposé un partage de connexion internet. En fait c'est surtout lui qui partage sa connexion. Moi je la ralentis en mettant Gossip girl saison 1 2 3 4 5 à télécharger, et je lui verse quelques euros par mois. On était d'accord. On était bien d'accord petit Grégory ? Oui on était bien d'accord.

- Toc toc ! C'est encore moi. Vous êtes amnésique ou quoi ? On avait prévu de partager internet mais je ne peux plus me connecter.
- Ah c'est normal. C'est moi je suis informaticien.


Bravo pour ton BTS petit Grégory. Non vraiment. Il avait fait un truc pour que je puisse plus me connecter, moi, qui n'ai même pas la compétence de surveiller les gens qui montrent leur carte d'étudiant à l'entrée de la salle info. Ca devait pas être bien violent. Mais bon.

- Allez, je vais vous remettre la connexion.
- Ah bah c'est euh...gentil...


Et en fait ça a fait trois fois comme ça. Petit Grégory, tu as du subir un traumatisme. Ou alors tu dors la tête dans le micro-ondes.

- Mais on n'avait pas dit qu'on partageait ? C'est-à-dire que j'aurais internet tous les jours...
- Ah ? Vous le vouliez tous les jours ?
- Mais non je rigole, juste quand toi t'as envie !
- Aah ! Je savais bien ! Bah j'ai jamais envie. Allez bonne soirée.


Pourtant j'y ai cru un instant. Mais c'est vrai que la troisième fois qu'il m'a coupé la connexion j'ai commencé à moins y croire. Je me suis dit celui là, soit c'est un sacré malade, soit il veut me faire comprendre quelque chose. Et puis en fait c'était un sacré malade qui voulait me faire comprendre quelque chose. C'est pour ça qu'il ouvrait sa porte que de dix centimètres quand je voulais lui parler. Il signifiait sa volonté de laisse moi tranquille. Mais moi je voulais signifier ma volonté de passer mes jours et mes nuits sur Facebook. Tant pis.

- Bon ok, je vais plutôt lire Platon et penser à un système politique englobant...Hé mais Boris ! T'as jamais eu Facebook c'est ça ? Ni Dorothée, ni les Frères Scott c'est pour ça que t'es intelligent. Putain c'était ça la solution...

J'ai pas la télé, j'ai pas internet, et mon téléphone rose de biatch vient de rendre l'âme. Si j'ai un problème j'appelle mon voisin. Mais comme c'est un crevard qui fait semblant d'être chez le médecin quand je frappe chez lui, je risque bien de mourir sur place. Et si vous voulez me contacter, un seul moyen, venir au cours sur Platon du mercredi matin. Chez moi je parle à la Monadologie en folio essais. On fait ce qu'on peut. De toute façon je ne manque rien. Si je manque les reportages de TF1. Mais même quand ils parlent d'une brocante c'est n'importe quoi alors bon. « Et résonne encore dans cette commode en bois flotté le rire d'un vieux chinois ». C'est pas une blague. Bref. Ou les reportages sur l'extrême pauvreté des riches.

- Oui, bonjour, avec mon mari, on a une maison en Bretagne, un trois pièces à Paris, et pourtant, oui pourtant, je fais les courses dans les poubelles du Franprix.



Photo de Nan Goldin.

# Posté le mercredi 03 décembre 2008 16:29

Modifié le mardi 13 janvier 2009 15:04

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Tous les gens ils font des fêtes super où y'a des clowns, des fraises tagada et du sexe et moi rien du tout. Est-ce que j'ai vraiment rigolé à me faire pipi dessus depuis l'hypokhâgne ? Palitchou dirait :

- Mais bien sûr, tu rigoles avec moi !

Palitchou oui. C'est l'escalade depuis quelques temps. De « babi » prononcé à la française, on en est à s'appeler Palitchou et Marmicrotte. C'est bientôt la fin de l'univers, les buildings vont s'écrouler. Le monde ne peut pas rester sans réaction face à Palicrotte je sais pas quoi là.

- Tu m'as traité de crotte ?
- Mais non c'est affectueux, je t'ai appelé Marmicrotte.
- Ah donc si moi je t'appelle comme ça devant tes potes les nietzschéens, ça sera affectueux?
- Non, pour un gars on dit pas Marmicrotte, ça se dit pas c'est comme ça...On dit plutôt « Ô génie suprême, que ton quadriptyque d'inspiration baconienne est merveilleux ».


Putain je suis trop subversive. Des fois ça m'étonne moi-même à quel point je suis mal élevée.


Photo de William Klein.

# Posté le mardi 02 décembre 2008 16:22

Modifié le jeudi 04 décembre 2008 15:10

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Maintenant il revient à moto. Avec une combinaison noire et un gang de Yamakasi composé de ses copains de seconde. Il sait plus quoi inventer. Dans mes rêves c'est n'importe quoi. Mais il faut noter que c'est jamais du David Lynch. J'ai beau regarder les épisodes de Twin Peaks tous les jours, c'est jamais du David Lynch. C'est plutôt à base de Jérôme de Premiers baisers. J'ai pas encore rêvé de Christophe Rippert mais ça ne saurait tarder. Il ferait partie de l'équipe de Yamakasi de mon idole du lycée, y'aurait aussi mes copines de collège, on écrirait « ciao je t'adore » sur du papier Didl et voilà. Tous les jours je lutte pour faire des mémoires qui ont l'air intelligents sur différentes choses intelligentes comme Platon, la philosophie classique allemande et Marx, Nietzsche, Leibniz, et la nuit je pourris tout en rêvant de mon idole du lycée qui écoute de la techno.

- Allez tu veux pas écouter Jean-Louis Murat ?
- Non merci. Là j'ai mon CD de « Daboudi dabouda, daboudi dabouda ».
- Ah ouais la fameuse chanson. C'est sûr que c'est bien...


Ca veut peut-être dire que je dois me reconvertir.

- Hé cette nuit j'ai eu une idée pour mon mémoire sur la philosophe médiévale, j'ai eu un flash ! Je vais traduire le latin Moyenâgeux d'Abélard avant d'en faire un commentaire en latin classique !
- Ah ouais. Moi j'ai pas rêvé de Hegel, donc forcément j'ai pas eu d'idée.
- Ni de Marx ?
- Non. C'est étrange hein. Pourtant la nuit dernière j'ai rêvé de la critique de Bachelard par Meyerson.

C'est ça ouais. Ca c'est ce que je dis à la fille timide qui a plein de cheveux quand je la croise dans les couloirs. En réalité j'ai rêvé qu'on était toutes les trois avec mes copines de lycée dans une voiture et y'avait un mec qui faisait un coma éthylique devant. Y'avait ma copine bourrée et mon autre copine douce et gentille. Et moi.

- Tiens on est réconciliée ? J'ose pas demander après elle va se souvenir qu'elle me parle plus parce que j'étais une hystérique.

T'inquiète je suis plus hystérique. Je suis calme et bienveillante. Oui oui. Mais pour les rêves de Paul sur une moto, Paul a une combi noire de Jackie Chan ça commence à suffire. Ma vie vivante est assez éprouvante pour qu'en rêve on me laisse enfin tranquille. Trouver un appart, tout déménager une quatrième fois. Hériter du vieux canapé qui sent le poisson. Nettoyer l'appartement, ne pas vomir devant les éponges pleines de poils. J'ai rien compris la locataire d'avant a laissé des poils partout. Des poils. Sur le parquet, dans le frigo, en haut des placards. Qu'est ce qui lui est arrivé à cette fille ? Elle a été prise dans un ventilateur ou quoi.

PS: Photo de Daido Moriyama.

# Posté le lundi 10 novembre 2008 08:08

Modifié le lundi 24 novembre 2008 07:07

SI ON ETAIT DANS GERMINAL CA SE TERMINERAIT LA TETE AU BOUT D'UNE PIQUE. QUE DE VIOLENCE, QUE DE VIOLENCE DANS CE MONDE DE COCO CHANEL.

SI ON ETAIT DANS GERMINAL CA SE TERMINERAIT LA TETE AU BOUT D'UNE PIQUE. QUE DE VIOLENCE, QUE DE VIOLENCE DANS CE MONDE DE COCO CHANEL.


Ca fait trois semaines que je cherche un appartement, je me suis fait arnaquer par une agence quand tu tapes son nom sur internet y'a écrit "arnaque arnaque", ça clignote mais moi j'ai rien remarqué. J'ai toujours rien, je suis désespérée, je suis sans domicile fixe, je dors chez Pauline Debarbate contre la volonté de ses colocataires.

- Hé, t'as pas une copine, que ses parents ils ont une vraie agence immobilière? Elle pourrait pas m'aider un peu? Tu sais, là ta copine la pétasse...

Evidemment j'aurais pu dire "ta copine cette merveille" . Mais c'aurait été mentir.

- Nan elle doit poser les moulures en argent de son cinq pièces à Saint Paul aujourd'hui. Enfin assister à la pose en tant que propriétaire. Elle dit plus à gauche, non plus à droite. Ah ah. Elle le fait pas elle-même évidemment.
- Mais elle peut pas m'aider?
- Non, je ne pense pas non.


Pourquoi non je ne pense pas non?

- Excusez moi j'ai rien mangé depuis hier, vous n'auriez pas quelques centimes?
- Non je ne pense pas non.


Alors que si. Alors que merde alors.

PS: Photo de J.H. Engström.

# Posté le dimanche 05 octobre 2008 13:20