IL A OSE NOUS FAIRE LE COUP DU BALEINEAU DANS LE DESERT DU SINAI.

IL A OSE NOUS FAIRE LE COUP DU BALEINEAU DANS LE DESERT DU SINAI.


- La première partie est conséquente, dit la présentation.
- Oh non je le sens pas. Ca va faire comme Cheika Rimiti à Bourges. Les filles, je pourrais hurler « va-t'en » ? Pauline, je pourrais ?
- Marine arrête de faire ta fille insupportable et capricieuse. Tu peux pas être un peu moins capricieuse comme la blonde dans Highschool musical ? Je soupire et je tourne la tête. Je suis atterrée.


On était venues voir le Cirque des mirages, Parker au piano et Yanovski à la gesticulation chantée de Londres, 1850. Mais avant, la première partie de Jean-Michel. C'est un prénom type Jean-Michel, on a préféré pas retenir son vrai nom. Jean-Michel s'avance, il chante. Il chante, il chante il chante. Il ne s'arrête pas de chanter. La salle se vide, les gens sortent, pourtant il grêle dehors. Ca voulait bien dire quelque chose. Tout le monde rigolait sauf la psychorigide devant nous qui voulait qu'on arrête de faire du bruit en disant « mais pourquoi, pourquoi, pourquoi ? ».

- Consuméristes médiocres et sans âmes ! Dieu vous punira ! Arrêtez de rigoler !
- Pourquoi vous ne le dites pas au mec baraqué devant. Il rigole aussi.
- Non, lui il a euh...une âme...Arrêtez de rigoler, réincarnations de Belzébuth !


Robert Mitchum alias Jean-Michel, c'est lui qui avait commencé.

- Au moins y'a un truc qu'on peut pas lui enlever, il a de la mémoire. Il a retenu une heure et demi de paroles en haut débit. Il enchaîne les métaphores, les assonances, les références au nihilisme, au syndrome de Peter Pan.
- « Je ne veux pas vieillir, oh non, je ne veux pas vieillir, oh non, je ne veux pas vieillir ».
- J'ai l'impression que j'ai déjà entendu ça...
- La chanson d'avant s'appelait « Je ne veux pas vieillir j'ai le syndrome de Peter Pan», c'est pour ça.


Il a fait du Pietragala sur la musique de ET. Il est monté sur son tabouret pour chanter. Il a joué un bout de Beckett pénétré de l'inspiration d'un acteur de Sous le soleil. Et là c'en était trop. Entre deux fous rires, je lui faisais signe de s'en aller. Pour son bien.

- Mais j'ai du talent ! J'ai la voix de Richard Boringer, un univers musical entre Brel et Alain Bashung, une écriture poétique, le talent d'un acteur de théâtre, j'ai pris des cours de danse contemporaine! Je fais des claquettes ! Je vous montre les claquettes, c'est à la deuxième heure du spectacle !
- Non Jean-Michel, arrête ça tout de suite, voulaient lui crier les spectateurs.

Il faut s'y résoudre. Des fois il faut se retenir. Faut être lucide et ne pas venir sur scène.

- Les fleurs de ton âge me font regretter l'abstinence inéluctable des heures fleuries du pouvoir fascinant des oiseaux qui partent au loin. Les opossums du Venezuela, les baleineaux dans le désert du Sinaï...
- Il a dit les baleineaux dans le désert du Sinaï ?
- Il aurait pu dire les chatons dans un calendrier de la poste aussi.
- Oh ça n'aurait pas été si poétique.


PS: Photo de William Klein.

# Posté le mercredi 09 avril 2008 09:16

Modifié le mercredi 11 février 2009 13:39

C'EST L'HISTOIRE D'UN MANCHOT

C'EST L'HISTOIRE D'UN MANCHOT


Quand tu me réveilles à trois heures du mat' pour me faire un calin et rigoler, c'est un signe de la vitalité de notre couple. Quand à trois heures du matin je me réveille pour toi, tu vois bien que c'est un signe de vitalité de notre couple. Quand on parle d'Aurélien et la littérature, c'est surtout parce que t'arrives pas à dormir.

- Et si on inventait des histoires qu'Aurélien aurait pu écrire ? C'est l'histoire d'une lesbienne unijambiste qui se fait séquestrer. A la fin elle meurt. C'est l'histoire d'un petit garçon épileptique. A la fin il meurt dans d'atroces souffrances.
- Hum ?
- Ah, je t'ai réveillée.
- Non tu vois bien.
- C'est l'histoire d'un fantôme qui séquestre une lesbienne unijambiste, et ils meurent tous les deux à la fin. C'est l'histoire d'une cassette vidéo. Et tous les gens qui la regardaient mouraient dans d'atroces souffrances.
- Tiens, c'est Aurélien qui a inventé The Ring ?
- Il l'a écrit mais c'était déjà pris. Alors il s'est rabattu sur l'histoire d'un château hanté par une jeune fille assassinée là des centaines d'années plus tôt.
- Il a écrit une histoire de Scooby-do ?


PS: Photo de Rineke Dijkstra.

# Posté le vendredi 28 mars 2008 04:37

Modifié le mercredi 11 février 2009 13:39

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Je reconnais des gens dans la rue mais tu me crois jamais.

- Hé regarde, c'est Mickael Jackson ?
- Mais non c'est un petit asiatique !
- Il a peut-être changé encore une fois ! Tu me crois jamais t'façon.


PS: Photo de Diane Arbus.

# Posté le samedi 15 mars 2008 08:32

Modifié le mercredi 11 février 2009 13:39

ARTICLE QUI S'INTITULE JE VOULAIS POUSSER UN CRI CONTRE LAURENT RUQUIER.

ARTICLE QUI S’INTITULE JE VOULAIS POUSSER UN CRI CONTRE LAURENT RUQUIER.


Je voulais pousser un cri contre Laurent Ruquier. Aah ! Il ne laisse pas les gens parler. Alors forcément, comment lire un livre tout en parlant, ou comment regarder un Terry Gilliam tout en hurlant « Gérard Miller qu'en pensez-vous ? ». Ca ne marche pas c'est impossible. Il a pas envie d'être un récepteur, il veut juste être un émetteur perpétuel.

- Ta gueule l'audimat baisse si tu parles plus d'une minute ! Parler d'un petit film intelligent ? T'es fou, après ça les gens s'en vont ! Nous on fait de la culture à la portée de tous ! On fait pas de culture en fait quand j'y pense ! De toute façon je les laisse jamais parler ! Quoi ? Ta gueule ! Gérard Miller, qu'en pensez-vous ? Ah non ça n'interesse personne. Pouet ! J'ai remarqué quand je dis pouet à l'antenne ça fait monter l'audimat. Fais pouet je te dis. Qui êtes-vous cher monsieur ? Giling ! Ah ça c'est la sonnerie qui interrompt les gens à ma place. Je l'ai réglée ça marche tous les jours à la même heure. Giling ! Ah je l'adore ! Je peux même hurler par-dessus le bruit « C'est ma sonnerie tout le monde arrête de parler on n'entend que ma voix écoutez moi je vais essayer de battre le record de celui qui parle le plus longtemps sans respirer ah ça y est je vais fléchir Christine Bravo qu'en pensez-vous ? Pouet, non c'est fini pour vous Christine, c'est à mon tour de parler.

PS: Photo de Sarah Moon.

# Posté le vendredi 22 février 2008 05:13

Modifié le mercredi 11 février 2009 13:40

LE CATCHEUR LAPIN.

LE CATCHEUR LAPIN.


- Ca te dirait qu'on se convertisse à l'Islam tous les deux ? Tu m'obéirais et tu porterais un voile. Tu ne parlerais à personne et on serait heureux.
- T'as réfléchi avant de parler ou bien c'est naturel ?


C'est cette proposition qui m'a fait replonger. Je me suis dit que de toute façon..Non je sais pas ce que je me suis dit. J'ai rien du me dire, je devais faire autre chose sur le moment et puis j'ai dit oui, continuons à être ensemble. Ca doit être le retour du soleil et des cours qui m'a fait plier. Le second semestre et mon quatorze, premier sur la Phénoménologie de l'esprit et non pas sur le rap. Ca doit être que tous les autres ont l'air de branquignols qui ne t'arrivent pas à la cheville. Ca doit être parce que je peux pas me passer de ton hitlérisme culturel, de ta mononucléose naturelle. Bon, si, la mononucléose je pourrais m'en passer. J'essaye d'être moins exclusive, je sors dans le monde, je tisse des liens à l'extérieur, avec les Vendeurs d'enclumes et les zeitounes, avec la BU et la secrétaire de l'UFR de philo aussi. Toi aussi. Tu vas aux soirées déguisées des Beaux Arts.

- J'avais mis un masque en latex, et des oreilles de lapin ! J'avais l'air d'un catcheur lapin !
- Et ils ont trouvé que t'avais l'air SM ? Alors là je vois pas pourquoi.
- C'est bizarre hein ! Ils ont dit que j'avais l'air d'un vicieux psychopathe tueur de femmes ! Même le mec qui s'enferme dans les toilettes pour hurler, il m'a dit qu'on avait beaucoup en commun ! J'ai rien en commun avec lui moi ! Il est fou, et moi je suis juste déguisé en catcheur lapin !
- J'y pense : c'est pas parce qu'au début de l'année t'as fait une série de photo où tu te fouettais jusqu'au sang avec une ceinture en cuir ? Qu'en sculpture t'as mis un poisson à nager dans du sperme ?
- Oui, mais pourquoi ils penseraient que je suis un obsédé sexuel SM? Ca n'a rien à voir ! C'est de l'art !



PS: Photo de Sally Man.

# Posté le mercredi 20 février 2008 09:18

Modifié le mercredi 11 février 2009 13:42

SUR LES PERVANCHES, LES PV, IL FAIT SI BEAU.

SUR LES PERVANCHES, LES PV, IL FAIT SI BEAU.

C'est le printemps en janvier, y'a plus de saisons ma petite dame, et tant mieux. Le soleil à travers la baie vitrée de la médiathèque et sur la place du commerce peut parer à toutes les éventualités. Un suicide à cause des frères Karamazov de Dostoïevski par exemple. Mais pourquoi j'ai pris un cours où il faut lire tout Dostoïevski et la Bible? A la médiathèque des fois je m'en vais du pc quelques secondes pour boire du chocolat chaud ou appeler ma mère, désormais mon seul contact avec le monde extérieur. Mais j'avais pas calculé que j'avais laissé sur l'écran le blog d'une fille de mon ancien lycée qui met des photos d'elle en soutien-gorge en dentelle les cheveux au vent et la bouche en coeur. Mais c'est juste un lien pour passer à un autre site dont je connais pas le nom par coeur! Si c'est vrai!

- Ouais c'est ça tu mattes des photos de cul.
- Mais non c'est parce que..
- Fais pas ta majorette, t'en regardais et pis c'est tout.


Et voilà ma réputation est foutue parmi les bibliothécaires. Je ne pourrais plus lire Dostoïevski sans passer pour une obssédée salace.

PS: Photo de Rinko Kawauchi.

# Posté le vendredi 25 janvier 2008 07:02

Modifié le mercredi 11 février 2009 13:43

LE SPLEEN DE NANTES

LE SPLEEN DE NANTES


L'année dernière a surtout compté au point de vue du parc de Procé, des crêpes, du poker, du Katorza, du cinématographe, du chinois place du commerce, et des concerts salle Paul Fort. J'ai jamais tant aimé aller à Procé que la veille du concours de l'ENS. Au soleil, ou sous un grand arbre, sur l'herbe, avec ma clef USB et les notes sur le monde et la méthode à côté. Enchaîné le soir avec le concert de Thérèse devant la médiathèque. On peut dire que la meilleure journée c'était celle là.
J'ai même adoré attendre dans la petite cours intérieure avant les épreuves dans la verrière. Froid aux pieds dans les Birkenstock, Léa en framboise devant, Amandine qui passe pour un bisou dans le cou pour donner du courage. La calculatrice est interdite, qu'est ce que tu crois qu'on va en faire avec les Amours de Ronsard comme sujet? Chaque jour, il vient à moins trois et répète, la calculatrice est interdite. Concon-man. Les nuits où on traversait Viarme pour aller aux concerts. Barbara Carlotti, Cyrz, K et Benoît Dorémus. Et le dimanche après midi dans les arrières, à côté d'une église, dans une salle vide, pour voir Jonathan Verleysen et des guignols qui retiraient même pas leur doudoune pour jouer.
Le chinois place du commerce, et le kebab une bouchée chacun en passant devant les vidéos de Pierrick Sorin, dans le magasin de chaussures pour milliardaires qui veulent des chaussures en or fin ou quoi. Les passages chez H&M pour acheter le nouveau shorty en coton coloré. C'est comme une collection. Les soirées poker avec les jettons, les rouge à cinquante, les verts je sais plus, on a qu'à dire vingt cinquante, cent...euh non, Robin c'est quoi les règles déjà? Vers quatre heures du mat chez moi, Clémence qui critique celle qui n'est pas là, trop parfaite et énervante, onze heures chez Loeiza, avec Claire et Léa autour d'un petit bout de canapé, à parler de nos amours unilatérales. Les amours unilatérales, le ciment des filles qui sont en khâgne. Y'a quelque « baby come away with me fall around », et des amoureuses unilatérales.
Et des cancans, quoi, elle l'a embrassé ? Elle te l'a dit parce que je lui ai fait croire que je savais alors elle s'est dit je peux bien lui dire. Mais en fait je savais rien ! Et lui, il m'a rien dit ! Il m'a dit « non c'était tranquille, on a mangé des champignons de Paris et je suis parti ». Quelle trahison! C'était un peu le destin de Lisa, avant même le destin de Lisa.
Y'avait aussi tous les matins en spé philo, à six, avec le prof tic et toc. Mettre les tables dans un alignement parfait, les cours tapés sur dix pages, on s'arrête à la page dix. Dix, pas plus. La Krisis d'Husserl et Paideia de Verner Jaegger. Jamais touché. J'ai pas touché à grand-chose en khâgne. Le prof criait parfois, d'un coup et sans raison. Il avait des problèmes, comme dans le film 40 ans toujours puceau, mais il devait avoir 47. "Cet été j'ai écouté l'émission sur France culture « la cuisine et Marcel Proust »" et je l'imaginais tout seul devant la radio dans la grande maison de sa mère. Les mercredi midi, retourner en géo, avec mitrailleuse-man. Un plan en trois parties pour changer. Ah ah. Riez. Si riez : j'ai un nouveau costume rayé tout serré et une moustache d'Hitler. Et les cours de philo gé. Tout au fond, avec Ninon et Amandine, à travailler le DS de l'après midi.

PS: Photo de Sally Man.

# Posté le lundi 21 janvier 2008 07:52

Modifié le mercredi 11 février 2009 13:44

QUAND WILLY DENZEY RENCONTRE HEGEL.

QUAND WILLY DENZEY RENCONTRE HEGEL.
J'ai mis Benoît Dorémus l'artiste miséreux, et les bougies chauffe plat. Je m'étais pas encore habituée à mon 10m² peint en blanc par un gougnafier, mais tout de suite, il ressemble à ma chambre du lycée en hiver, à l'appart de Nantes en hiver. C'est l'hiver ici même si les mamans fashion sortent encore dehors en birkenstock. L'odeur des bougies, la lumière ou plutôt le noir autour et la lumière de ma lampe de bureau. La lumière de l'écran, mes livres et ma manie de tout bien ranger pour que tout soit bien à sa place. C'est Benoît Dorémus et les bougies, je me sens en hiver, au lycée. Alors y'a la frénésie d'écrire et la frénésie de remettre à demain matin, 6h00 la dissertation de philo, et à jamais les exercices de physique, sauf que là c'est Hegel partie IV La vérité de la certitude de soi même. Y'a les mercredis entiers à lire le théâtre de l'absurde dans mes coussins, à regarder M6 kid, à ignorer le DM de maths sur le bureau. Y'a msn et le pc dans la chambre, le c½ur qui s'emballe quand il se connecte. Y'a simplement profiter du noir autour et vagabonder dans les réminiscences que Benoît Do fait sortir. Y'a le creusage de chignon pour trouver les fringues de demain « Gris perle gris souris ou gris autoroute ? Dans Glamour y'a écrit en maille. Un gilet gris autoroute en maille ». Y'a le parfum de Pimkie qui a disparu des magasins et qui me rappelle encore un autre hiver en pull Jennyfer noir avec le signe chinois, de l'époque des signes chinois. De l'époque quand je rentrais dans les fringues de Jennyfer. Y'a chanter tendance litanie la même chanson qui passe depuis une heure en écrivant sur le pc. Aujourd'hui le prof d'histoire m'a pécho en train d'écrire sur sa psycho-rigidité, y'a la nuisette vieux rose trop décolletée et le blouson en daim vieux rose de l'époque vieux rose et des nuisettes portées dessus. De l'époque biatch. Y'a les guirlandes lumineuses, la pile de livre du programme des L sur la table de nuit. Y'a aussi les cours de danse le soir, la nuit, l'hiver. La nuit dehors et la salle de danse surchauffée par les choré et les filles, les fous rires avec Camille et la fois où Paul est venu voir. Les soirs chez eux, stressée mais vivante. Le collège, le lycée. Avec comme une idée qu'à la fin c'est moi qui gagnerait même si ça avait pas l'air. Et puis en fait j'ai rien gagné, le jeu s'est dispersé et y'avait plus rien à gagner. J'en rêve souvent, j'y pense souvent. Allez on prend les mêmes et on continue et on voit qui c'est le chef. On voit que c'est moi le chef. Même si vous êtes partis danser la techtonik, former des groupes d'amis pour la vie qui vont sur l'île de Ré en été, manager en Irlande ou décharger les camions de Jennyfer.



PS: Photo de Sally Mann.

# Posté le vendredi 19 octobre 2007 05:46

Modifié le mercredi 11 février 2009 13:45

DE LA PREUVE A L'EPREUVE OU DE L'AUTO-PORTAIT A L'AUTRE PORTRAIT

DE LA PREUVE A L'EPREUVE OU DE L'AUTO-PORTAIT A L'AUTRE PORTRAIT


Y'en a qui se larguent juste comme ça, "mais je pars trois semaines en vacances tu comprends...On habiterait à cinq minutes l'un de l'autre! Alors que mon voisin il habite même pas à une seconde! " Je sais pas si t'as bien compris mon Babychou, mais je suis pas du genre à..

- Tu m'as appelé Babychou.
- Bah oui mon babychou.
- Je t'ai déjà dit que ça fout la honte, alors arrête.
- Mais c'est venu comme ça, enfin j'en ai pas fait exprès que ça soit ridicule..
- Ecoute, si tu prononces encore une fois ce mot, qui est affilié à ma personne en tant que Boris étudiant aux Beaux Arts de Nantes, devant des étudiants dudit lieu, je t'attaque en justice, ou avec l'assiette Barbapapa que ma mère t'a acheté. Cela nuit à mon image d'artiste contemporain.
- Mais tu viens juste de faire ta rentrée..
- J'impose déjà une image. Par exemple, pour paraître intelligent, je lève la main en cours même quand y'a rien à répondre. Ou par exemple, je m'habille en prof, avec une veste, pour qu'ils voient que je suis fort. Et quand ils posent une question je dis " Maths sup! J'ai été en maths sup!"Ou je dis "oui, la peinture abstraite c'est nul", y'en a qui disent que c'est pas nul, mais pour moi c'est nul. Alors dans mon cours sur la peinture abstraite je vais dire: "Ecoutez, moi Boris D. je soussigné Babychou de sa Babychette et en tant que co-intervenant sur le projet, je le récuse".
- Tu vas pas rendre de projet?
- Mais si mais je veux juste qu'il voie que j'ai des opinions bien arrêtées.


Je suis pas du genre à laisser tomber. Je suis genre à m'adapter au niveau organisationnel. Je suis du genre à créer un emploi du temps qui regroupe les cours à Paris le mercredi et le jeudi, pour passer le reste de la semaine à Nantes. Je suis du genre à mentir à la SNCF pour avoir un abonnement étudiant pour aller à Nantes.

- Mademoiselle, je ne comprends rien, vous habitez à Nantes?
- Non j'habite à Dreux, enfin mes parents, mais je fais mes études à Paris.
- Pourquoi voulez-vous un abonnement pour Nantes dans ce cas?
- Ah oui! Merde, euh, en fait ma mère habite à Nantes, elle s'est remariée à Nantes justement à l'Eglise de Nantes à côté de..enfin vous voyez, et c'est l'adresse de mon beau-père sur le justificatif.
- Il s'appelle Boris D.?
- Oui voilà c'est ça.
- Ah d'accord, tu me prends pour un mickey!
- Oui, voilà.


Je suis du genre à mentir à l'UFR de philo pour avoir les cours déplacés.

- Vous comprenez, je suis très très pauvre. Bon là j'ai des vêtements propres mais croyez moi, ça n'arrive pas souvent. Je ne peux suivre les cours que le mercredi et le jeudi, le reste de la semaine je travaille sous contrat comme cobaye pour tester les médicaments tout en déchargeant les camions à Carrefour.
Et les gens sont plutôt du genre à ne pas me croire, mais à me laisser tranquille, alors jusqu'ici, tout va bien. A part l'image d'artiste post-résurectionnel et anti-bretonnien " je préfère plutôt Bataille" de mon Babychou. A prononcer Babichou et non Beïbïchou.


PS: Photo de J.H. Engström.

# Posté le lundi 15 octobre 2007 08:22

Modifié le mercredi 11 février 2009 13:47

JUILLET SOUS LA PLUIE.

J'aime quand on rentre dans la nuit après avoir écouté ce con de Jean Louis Murat, qu'il pleut et qu'on patauge dans l'eau avec nos chaussure 100% imbibable, qu'on s'arrête sous un arbre qui goutte, qu'on rentre dormir dans la tente mouillée pleine de limaces, dans nos duvets mouillés où y'a pas interêt d'y avoir des limaces, au camping de La Rochelle. J'aime quand le même jour à quatre heures du mat' y'a les cons d'à côté qui branchent les connes de l'autre côté.

- Si on allait faire de la sodomie dans un hôtel?
- Oh mais je ne couche pas le premier soir monsieur, hi hi hi!
- Mais elle suce!
- Dominique, on avait dit stop.
- Allez les filles, on va à l'hôtel, les enfants se débrouilleront bien tous seuls.

J'ai pas aimé les pâtes cuites dans les toilettes à cause du vent qui éteignait le butagaz, mais quand j'y repense je te vois dans ton vieux jean amener la casserole aux toilettes et là je t'aime.

# Posté le lundi 08 octobre 2007 04:08

Modifié le vendredi 08 mai 2009 18:09