ODE LARMOYANT POUR FAIRE PLEURER DANS LES CHAUMIERES. LES MAISONS AUSSI. LES TENTES, CE QUE TU VEUX.

ODE LARMOYANT POUR FAIRE PLEURER DANS LES CHAUMIERES. LES MAISONS AUSSI. LES TENTES, CE QUE TU VEUX.

Je suis sur mon lit, sous le velux. A Orléans. Pendant que ma mère passe l'aspirateur en hurlant d'une voix aiguë :

- On peut pas leur rendre l'appartement comme ça ! On peut pas ! Non mais regarde moi ça ! Vite un aspirateur ! Un autre ! Oui, deux ! Y'en as qu'un ? Quoi ? Comment je vais faire ?

Là, la moquette a disparu, elle s'attaque aux fondations en béton. On s'en fout du bruit, quand on est sous le velux. Je sais que j'ai dit que j'étais pas du genre à avoir un trou noir d'une soirée. Que je buvais pas jusqu'à dire « je me rappelle pas-an ». Et puis ça m'est arrivé juste après. Alors maintenant je fais attention à ce que je dis. Je sais pas si j'ai dit que j'étais pas du genre à faire des adieux larmoyants à tout bout de champs. J'en fais tout le temps, alors j'ai pas du le nier. Là tout de suite, j'en fais. Nan, mais dans cette chambre il s'est passé plein de trucs, alors je fais un texte à sa mémoire. T'façon, je fais ce que je veux. Si je veux même, j'écris en gros « Vive la vie, vive l'amour, vive Boris ». Si je veux. Bon, ode funèbre à une chambre d'étudiante pas aux normes mais bien décorée il faut l'avouer, tu l'avouerais si tu l'avais vue. Cette chambre, c'était un peu le refuge des internes après minuit, de ceux qui habitent trop loin après minuit, de tous ceux qui veulent sauf ma coloc', avant ou après minuit, y'a une pancarte avec écrit « interdit aux yeux globuleux ahuris », alors elle rentrait pas. Après la soirée avec les L sup 2 d'Elisabeth, Paulinette, et Rassinoux. Elisabeth et sa couverture rose faite en mon vrai pull en faux cachemire rose. Pour tenir chaud. A 20cm² de peau. Les deux millions de soirs où j'ai dormi avec Rassinoux et ses tentacules. Rassinoux, quand elle dort dans mon lit, elle croit qu'il fait 200m². Alors que nan hein.

- Rassinoux !
- Hum...
- Rassinoux, réveille toi !
- Quoi...
- Bah y'a ton pied là, qui écrase mon nez. Je peux plus respirer.


Une soirée avec Debarbat et de la B.E.U. J'épelle pour pas me faire remarquer. Et the ring.

- Marine, réveille toi elle sort du puits!
- AAHHH !
- Voilà tu peux te rendormir.


Ce week end avec Djamila, aussi appelée je-mange-je-dors-je-m'énerve-parfois-sur-mes-
desillusions-politiques. Des filmages de n'importe quoi avec mon Motorola de biatch. « Je suis le lutin grognon, qui vit sous ce pont ! ». Des filmages de l'½nologie, la science des oiseaux.

- Bah quoi ? Je lui ai dit ça à Jonas, il a rien dit ! Il a pas relevé, ça se trouve ça existe ! Quoi qu'après, bon, c'est vrai, il est parti...Mais...

Une chambre pour se bagarrer quand on est trop à se partager les coussins le sol le matelas le sommier. T'sais la soirée pancakes.

- C'est bon, tais toi, toi t'as le matelas !
- Oui mais toi t'as la couverture !
- Et alors ? Moi je dors avec Rassinoux. Si tu crois que c'est drôle...


Une petite chambre pour dire « A huit heures chez moi ». Pour le dire, c'est tout, parce que le faire c'est impossible. Huit heures ça veut dire neuf heures pour Djamila.

- Djamila, il est huit heures et demi, on t'attends là, tu fais quoi ? On va sortir nous !
- Attendez, j'arrive tout de suite !
- T'es où ?
- Bah...Là tout de suite...Je suis à Strasbourg, mais après je passe par Fleury les Aubrais et j'arrive. Promis.


Une fois, huit heures, ça a voulu dire jamais pour Pauline qui glousse. Et une fois, pour moi aussi, ça a voulu dire longtemps après.

- Pauline ? qu'est ce que tu fais devant chez moi ?
- Bah, on avait rendez vous là y'a une heure nan ?
- Tu vas me taper ?
- Nan je vais te donner une rose blanche, et après on va démêler ce rideau de perle en rigolant.

Une chambre où y'a un petit coin pour le sac de couchage de Rassinoux à vie, et un miroir pour prendre la dernière photo de la dernière soirée. Une chambre tout en haut des escaliers, où tout en bas, la porte ne ferme qu'à clef. Une chambre où chacun part à l'heure qu'il veut. Une chambre où c'est moi à chaque fois qui me lève pour refermer la porte derrière. Djamila pour son train à sept heures, Debarbat pour aller batifoler dans l'herbe à neuf heures, des autres, toutes les heures. Une chambre pour un sommeil réparateur quoi. Les jours de cours entre huit heures et dix heures, en tout cas, c'était un vrai sommeil réparateur. Au début les Zeitounes elles appelaient.

- Marine, qu'est ce qu'il se passe ? T'es pas là en cours ? T'es malade ? Le VIH ? Le LSD ? D'autres initiales ?
- Nan je dors c'est tout. La prochaine fois je sèche pas l'anglais. Je viens.
- Ouais c'est ça.
- Si c'est vrai !


Et puis c'était pas vrai. T'façon j'aime pas l'anglais. Une grand lit sous velux pour faire ce qu'on veut. Avec qui on veut. Dans la limite des stock disponibles. Le mec qui s'incruste avec finesse. On avait rien remarqué dis donc.

- Nan, mais viens en ville ! J'ai envie de te voir ! Marine, viens ! Je viens te chercher ! Allez ! Je prendrais les étoiles et je les mettrais dans tes yeux !
- D'accord.
- Oh ! Il est trois heures du mat', je peux plus rentrer chez moi, je peux dormir chez toi ?
- Tu prendras encore les étoiles du ciel pour les mettre dans mes yeux ?
- Si tu veux.
- D'accord.


Je voulais laisser une cuillère sur le chauffage, comme quand je suis arrivée -il y avait une cuillère sur le chauffage, ça avait certainement un sens. Mais ma mère a pas voulu, elle comprend rien à la symbolique des adieux larmoyants. Alors je laisse cet article.

PS: Photo de Nan Goldin.

# Posté le jeudi 13 juillet 2006 09:25

Modifié le mercredi 13 mai 2009 17:49

PETIT JEU DE PISTE

PETIT JEU DE PISTE

J'ai kiffé ce petit jeu mais d'une force. J'ai vécu que pour ça. J'ai commencé à écrire juste pour ça. Je respirais pas pour autre chose et c'était trop bon. Je dois juste placer un « putain de sa mère » de regret quoi que je dise rarement ces mots. Nan, pas de regret, je regrette rien, je me suis bien débrouillée. J'ai pas eu le c½ur qui bat jusqu'à décharger toutes les batteries depuis. J'ai regardé cette photo et ça m'a tout rappelé d'un coup. Un bain de minuit sans intimité.

- Nan mais...
- Je viens avec vous, t'inquiète.
- Mais si tu veux rester...Il fait froid dehors, euh...
- Ca va aller, je reste avec vous.
- Ah bon. N'empêche il fait froid hein.
- T'inquiète.


Je m'inquiétais pas. Je voulais juste te dire qu'il faisait vraiment froid, quoi, pour un été il faisait froid. Au moins vingt cinq degrés. Alors tu vois. C'était pas la peine de venir avec nous. Et les cheveux mouillés la nuit.

- J'adore les cheveux mouillés.
- C'est pour ça que tu me caresses les cheveux genre c'est l'extase de la terre.
- Ouais, c'est pour les cheveux mouillés.


Heureusement que j'étais pas chauve alors. Des batailles d'eau, des batailles de tout ce que tu veux, se courir après sans arrêt. Mais en vrai hein. Courir en chaussettes. Dire merde, t'as caché où mes affaires ? Allez dis ! Dis dis dis ! L'écouter chanter des paroles à l'ouest juste pour me faire rigoler comme une pintade. Du gospel, du R'N'B...Un peu de violence, d'énervement, d'esprit joueur, de gravité, de maîtrise quand on bataillait... Je sais que j'ai gagné du terrain grâce à ce jeu. Lui il avait tout gagné d'avance, mais je le montrais pas c'est tout. Enfin toute la terre l'avait vu, alors on va dire que j'essayais de pas le montrer.

PS: Photo de Nan Goldin.

# Posté le lundi 03 juillet 2006 15:19

Modifié le vendredi 30 janvier 2009 10:15

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J'ai cru que sur moi ça allait rien faire. J'ai cru que j'étais Dieu peut-être. Ou un pilier de bar. Pardon à Alexis qui a du flipper un peu. Beaucoup? Pardon. Pardon à Pauline qui glousse que j'ai failli faire tomber. Merci aux Zeitounes qui m'ont ramenée saine et sauve, telle un boulet puissance mille. Pas pardon au mec sur le banc qui croyait que c'était la fête ou quoi? Coucou à Djamila qui a passé une bonne soirée. A Paul chauvin-Mameau et ses briquettes de jus d'orange sur la Loire. Le teint frais et le pantalon bien repassé ce matin dans le bus.

-Marine! Ca va mieux?
- Quoi? Hein? Non c'est pas moi, euh...Moi j'ai joué au jungle speed hier soir, si. Tu dois te tromper de personne. C'est pas moi qui suis venue chez toi pour vomir dans les toilettes. Tu comprends, j'ai ma dignité...


Pardon à Boris que j'ai harcelé au téléphone.

- Marine, t'as pas arrêté d'appeler Boris hier soir. C'est qui?
- C'est ta soeur.
- Mais allez dis!
- C'est quelqu'un.
- Ah ouais?
- Ouais.


Va falloir arrêter. J'ai constamment envie de vomir.

- Tu peux retirer les bouteilles, ça me donne envie de vomir.
- D'accord.
- Tu peux arrêter de te laver les dents, ça me donne envie de vomir.
- D'accord.


Pauline elle a dit on peut rien faire pour toi, tu vois un oiseau t'as envie de vomir. Je vois du saucisson j'ai aussi envie. Mais là c'est plus normal déjà. Deux heures de bus ce matin, des envies de suicide. Et Paul Chauvin Mameau.

- Tu pars où en vacances?
- Nan mais là je vais décéder, je peux pas parler.
- Mais sinon, t'as vraiment aucun projet pour ta vie?
- J'ai envie de vomir, je bloque mon cerveau pour que ça arrête de tourner. Je peux pas parler.
- Ah oui, mais quand même...
- Nan, pas quand même.


Hé, c'est pas tout pour de vrai Paul Chauvin-Mameau. J'affabule. Mais j'aime bien ça.
PS: Photo de Weegee.

# Posté le jeudi 29 juin 2006 13:43

Modifié le vendredi 30 janvier 2009 10:12

JE FRISE L'APOPLEXIE ET LA CRISE D'ANEMIE.

C'est pas pour faire genre la fille larmoyante qui en rajoute des caisses sur les au revoir. Nan nan. C'est pas pour faire genre la fille heureuse de son année. Je me permettrais pas d'exposer mon bonheur sur la place publique. Mais bon. J'ai pas pleuré pour rien quand même.

- Bonjour monsieur, c'était pour l'option philo...Il faut que vous donniez votre accord.
- Non.
- Non quoi ? Y'a pas besoin de votre accord ?
- Si si.
- Alors, qu'en pensez vous ?
- Et bien je pense que cette génération est inutile.
- Faudrait nous tuer tous, quoi.
- Ouais, voilà.


Il a parlé dans tous les sens comme d'habitude, histoire de m'étourdir, heureusement j'étais adossée au mur. Il a essayé de me décourager. Ca marchait pas. Au début. « Pas de débouché, vous n'aurez jamais d'agrégation de philosophie, vous êtes nulle, vous allez finir en vieille prof de français aigrie, vous allez être pauvre, je ne peux pas vous recommander vous allez me discréditer. » Ah ouais...J'étais toujours pas découragée. Je suis décidée, je veux faire ça, coûte que coûte, quoi qu'il en coûte, même si je suis pauvre, même si j'ai pas d'agreg, c'est qu'une option en même temps, je vais pas rater ma vie pour une option. Bon, ok j'ai commencé à pleurer. Mais c'était une feinte. Regarde.

- Et puis si vous aviez été motivée vous auriez travaillé plus cette année...C'est une lubie pour vous, la philosophie. Dans deux jours vous chanterez Lorie le c½ur léger. Je ne vous donnerais pas mon accord. Vraiment. Et je ne suis pas du genre à changer d'avis toute les cinq minutes.


Là j'ai commencé à pleurer avec des grimaces de douleur horribles.

- Mais ne pleurez pas ! J'allais vous donner mon accord ! Ne vous démontez pas ainsi !

Donc j'ai le droit d'envoyer des dossiers pour faire une demande d'acceptation dans des lycées option philo. C'est pas gagné. Mais imagine c'est gagné. Bim. Bim. Plus d'Orléans. C'est là le passage larmoyant. Plus de rue de Bourgogne parcourue dans tous les sens le soir, plus de soirée sur la Loire, plus de vodka orange avec Djamila et de discutions avec n'importe qui, plus de la première personne au monde qui m'a reconnue dans la rue. La nuit en plus.

- Hé, ça serait pas toi Marinethefouine ?
- NAAN !
- Hé, j'adore ce que t'écris !
- NAAN !
- Si, tu me fais marrer !
- NAAN !
- Si. Tu peux arrêter de dire NAAN ?


Après j'ai du le dire à a terre entière à peu près. J'étais contente laisse moi tranquille. Plus de soirées, ou comment faire galérer les Zeitounes, Paul chauvin-Mameau et Emeric.

- On va en boite ? Venez on va en boite ! Paul, viens avec nous ! Ah j'ai trop envie ça va être bien !
- Ok, c'est parti !
- Attendez, euh...Allez y on vous rejoint !


En fait on a rejoint personne. On est resté avec Djamila et la vodka. Rassinoux elle avait envie de me lacérer quand elle est revenue après une heure d'attente devant le KA. Pauline elle a fait ses yeux méchants de d'habitude. Paul il a sorti un rire nerveux genre au bout du rouleau ah ah ah Marine, mais je savais pas que t'étais si conne putain pourquoi je suis venu à cette soirée.

- Mais j'avais pas dit que je voulais venir !
- Marine...
- Bon, si je l'avais dit...Mais après je voulais plus.
- ...
- C'est vrai, si je suis pas partie, c'est bien que...
- BIM. ( Assommage violent )


J'ai pas envie de partir parce que je vois plein de soirées, plein de rigolage en perspective. Même des narguilés avec Djamilouille étudiante en droit après maints changement d'avis. Environ mille trois cent quatre vingt deux fois. J'aime les rues d'Orléans la nuit. J'aime mes Zeitounes, Djamila future on ne sait pas quoi, mais un truc bien avec du droit, si c'est sûr. Sanaa alias « hé petite pédale », quoi j'ai dit un truc pas bien ? Pauline qui glousse mais putain comment ça fait du bien de rire comme ça, même si on nous entend de loin. Bon, ok de très loin...Tous les gens, même ceux du latin, vont faire comme un trou là. Golhen et Lepy à vous. Lauranne qui tourne à gauche, mais pas cette gauche là ; l'autre. Tu sais, celle de droite. Elizebeth. Paul Chauvin-Mameau et « La question de Paul » : Monsieur, en 1782, en Meurthe et Moselle, à l'école militaire, ils avaient pas un carreau un peu abîmé quand même ? Paul Chauvin-Mameau le mec le plus précis de l'univers. Louise, gros manque à combler, je vais devoir faire des réfléxions désagréables moi même. Justine et cetera et cetera.

# Posté le dimanche 25 juin 2006 11:50

Modifié le mercredi 13 mai 2009 17:53

MARCHE OU CREVE. OUI OUI AVEC DES TIREURS D'ELITE QUI TE TUENT QUAND TU T'ARRETES. NOUS ON LEUR A DIT DE SE CALMER. ILS SE CROYAIENT OU MERDE.

MARCHE OU CREVE. OUI OUI AVEC DES TIREURS D'ELITE QUI TE TUENT QUAND TU T'ARRETES. NOUS ON LEUR A DIT DE SE CALMER. ILS SE CROYAIENT OU MERDE.

Au début on était venues en bus chez Clairassinoux, parce qu'elle habite loin. On avait payé. On avait offensé personne. On avait rien dit quand la fille devant nous elle avait téléphoné très fort :

- QUOI ? TU SAIS CE QU'IL M'A DIT CE BATARD DE SA MERE ? HEIN ? T'SAIS QUOI ? T'AS VU JE LUI AI RIEN DIT AU DEBUT MAIS APRES IL A COMMENCE A JOUER SA SALOPE TOUT CA T'SAIS T'AS VU MOI J'SUIS GENTILLE JE LUI AI NIQUE SA MERE...

Nous on est pas dérangeante, on se laisse victimiser par la petite s½ur de Rassinoux.

- Hé, toi je t'ai déjà vu !
- Oui, je m'en rappelle...
- T'étais moche avant ! Comment ça se fait ?
- Je sais pas...euh...
- Nan, ça c'est mon verre.
- Je bois dedans, c'est Claire qui me l'a passé.
- Bah c'est le mien maintenant.
- Claire, t'as pas un autre verre ?
- Si, si, et au fait, on fait comment pour demain ?
- Bah moi je propose huit heures chez moi, après on voit.
- J'emmènerais mes affaires, ça te dérange pas ?
- Marine, tais toi. Taisez vous.


Alors on a arrêté de parler. Après elle m'a tapé avec des coussins j'ai rien dit. Elle a mis Roch Voisine, j'ai rien dit. On a mangé des yaourt aromatisés au plastique j'ai rien dit. Je comprends pas pourquoi on a subit la colère de Dieu, après. On avait rien fait. Il était huit heures y'avait un bus, je voulais rentrer. Lauranne et Debarbat elles ont dit nan on reste avec Chloé, 9 ans, notre amie. Elle doit mettre le CD de Matt Pokora, tout ça. Alors on est partie deux minutes après, histoire de rater le bus. J'ai bien aimé. Prochain arrêt de bus viable avec passage de véhicules : une demie heure. Un chemin avec des moucherons, des chiens dangereux, Pauline qui fait du vélo, on a flippé je te le dis. Surtout quand Pauline elle a essayé sans les mains. Et sans les pieds, là j'étais impressionnée. Mais c'était l'échauffement ça. On pris un bus. On a encore payé un ticket. Parfaitement honnêtes.

- Je vous laisse deux arrêts plus loin, à 21h15 y'a un bus qui passe il va à Orléans.
- Parfait.
- Ah nan, en fait y'en a pas. Au revoir.
- Mais...
- Ah oui, vous voulez les horaires ? Tenez.
- Mais y'a plus de bus !
- C'est dommage hein ? Bon allez j'y vais, je dois rentrer chez moi.
- Mais...
- Rentrez vite, c'est pas très sûr la nuit. Bonne soirée !


On a failli l'étrangler, mais il était déjà parti chez lui. Lui. On était loin d'Orléans. Je dirais entre 100 et 120 kilomètres. Sans exagérer.

- On fait du stop ?
- Ouais !
- C'est vrai ?
- Nan t'es folle, j'ai pas envie de mourir.


On risquait pas de mourir. Bon, au pire d'être violées, mais faut savoir ce qu'on veut aussi. Restait plus qu'à marcher. On a suivi le bord de Loire pendant toute la nuit. C'était bien.

- J'ai mal au pieds.
- Il fait beau nan ?
- J'en ai marre, on arrive quand.
- Et tu sais quoi, l'autre fois..
- Ca soûle, on aurait du faire du stop.
- Hé regarde, une mobylette dans la Loire !
- Elle marche ?
- Bah nan, elle est vieille..
- Alors on s'en fout. On vole une barque ?
- Y'a pas de barque.
- Je m'en fous. Je m'en fous de tout. Putain...
- Marine...
- Ca sent le cornichon.


C'était bien. A part que ça sentait le cornichon. Je te jure. Djamila a appelé :

- Et Marine elle râle pas trop ?

Clairassinoux a appelé :

- Sinon ça va, Marine, elle râle pas trop ?

On dirait qu'elle me connaissent pas c½ur. J'ai encore des secrets. Des fois je râle pas. Si, des fois. Et puis c'est un mythe ce truc. Parce qu'en vrai j'ai pas râlé. On a rigolé. Et la mobylette qu'on aurait pu retaper. Pour monter toutes les trois dessus.

- Excusez moi, personne n'aurait un cheval, on un animal quelconque pour nous emmener jusqu'à Orléans.

Une chèvre, un lévrier, une tortue...Personne n'avait rien. La solidarité, c'est plus ce que c'était. On voyait le pont au loin, il voulait pas se rapprocher ce bâtard. Alors on a mis longtemps à y arriver forcément. Entre temps on a fait quelques reportages avec la caméra de Paulinette.

- Vas y Marine, fais un résumé du truc.
- On marche maintenant depuis cent soixante douze heures, le niveau de dessèchement est maximal, regardez ces lèvres craquelées, t'as vu Tintin dans le désert ?
- Nan, mais faut que ça soit drôle. Recommence.
- Au début, on voulait parcourir la Loire à pieds. En fait on a réduit et on fait que quinze kilomètres.
- Nan c'est nul. Encore.
- On avait rien à faire ce soir, on s'est dit, tiens, si on marchait comme des galériennes. En plus vrai j'avais plein d'articles à écrire ce soir...
- Coupé ! C'est nul. On la garde.


PS: Photo de Weegee.

# Posté le jeudi 22 juin 2006 08:45

Modifié le vendredi 26 septembre 2008 06:22

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Une soirée sur les bords de Loire, mais pas les bords de Loire H.E.C-converses-masse de cheveux frisés. Pas les bords de Loire pavés. Les bords de Loire de l'autre côté. Où il faut une machette et des chaussures de marche spécial sable de Décathlon pour y arriver. C'est Paul Chauvin-Mameau qui a trouvé l'endroit. Le coin parfait. Y'avait de l'eau croupie, des moustiques, des insectes plus gros, et peut-être même des bêtes sauvages qui sait. On a décidé de faire du feu pour les éloigner, et pour faire du feu parce que c'est sympa.

- Ariel, viens, on va chercher du bois sec !
- Nan.
- Ok, c'est parti ! Bon, sauf que moi je suis pieds nus alors c'est toi qui y vas.
- Hum.
- ARIEL !
- Quoi ?
- Bah rien, c'est pour voir si t'es pas parti trop loin. Je crie ton prénom pour pas qu'on te perde.
- Mais je suis à côté de toi...

On sait jamais. On a fait un grand feu de au moins une minute. Après y'a eu de la fumée pendant deux heures. Si c'était le but tu peux pas comprendre. Ma Paulinette elle a filmé avec sa caméra vision nocturne la classe, quand Ariel faisait Choukayaka Choukayaka Oï Oï, la danse du feu pour pas qu'il s'téigne, et moi à côté qui rigolait comme une bécasse. Dommage, je t'aimais bien. Mais va falloir t'éliminer ma Paulinette. Tu vas décéder. A un moment, j'ai fait tomber le ballon de foot Paul Chauvin-Mameau dans l'eau. Renaud avait une argumentation en trois parties avec introduction et conclusion.

- Paul ! Paul ! Marine elle a mis ton ballon dans l'eau ! Han ! Si j'étais toi je la taperais ! Marine, mais t'en as fait exprès ou quoi ? T'es une conne ou quoi ? Franchement..

Première partie. J'ai pas écouté la suite, j'étais resté bloquée sur ses chaussures de retour vers le futur.

- Marine, je sais pas si tu sais, mais c'est son père qui lui a ramené de son dernier voyage en Allemagne, c'est tout ce qui lui reste de son père.
- Pourquoi ? Il est mort ?
- Nan. Mais quand même.


PS: Photo de Rineke Djikstra.

# Posté le samedi 17 juin 2006 08:32

Modifié le samedi 07 février 2009 13:16

UN COMPLOT INTERNATIONAL. POUR ME FOUTRE LA HONTE INTERNATIONALE.

UN COMPLOT INTERNATIONAL. POUR ME FOUTRE LA HONTE INTERNATIONALE.
C'était mon anniversaire vendredi de la semaine dernière.

- Bonjour les filles !
- Bonjour Marine.
- Euh, ça va bien ? ...Vous n'avez rien à me dire ?
- Si c'était génial le concert hier soir, mais t'y étais aussi, alors...
- C'est vrai, j'y étais.


Elles avaient oublié mon anniversaire jusqu'à ce que Pauline qui glousse n'arrive.

- Bon anniversaire Marine !
- Ah oui c'est vrai, désolée, bon anniversaire !
- Nan, je m'en fous, je me casse. Vous m'avez blessée. Adieu.


Après je suis revenue, parce que le cours de philo commençait. Comme elles pouvaient pas se prosterner en public pour cet affront, elles ont décidé de me faire une surprise. Un truc à base d'enregistrement vidéo: jeudi 16h, prend une bouteille d'eau, des chaussures et un appareil photo, enregistré dans le local à poubelle de l'internat, où y'a une fille qui vient mettre ses poubelles, j'ai adoré. Rassinoux, elle parlait comme une speakerine des années soixante, et Debarbat, elle se retenait de rire.

- Il se passe quoi ? Je dois me changer ?
- Il vaut mieux...
- Je vous préviens, je saute pas en avion, ni en parapente, je saute de nulle part, je vais pas dans la boue...
- Tu feras ce qu'on te dira.
- D'accord. Mais ça sera agréable ou désagréable ? C'est censé être un cadeau les filles, soyez sympa hein...
- Moi je sais que tu vas râler, mais en même temps tu râles tout le temps...
- Alors je commence maintenant si ça te dérange pas.


En fait, c'était un jeu de piste dans Orléans, avec des indices humains sous la forme de Rassinous, Debarbat, Sanaa et Djamila. Un truc de fou, 150°C, et moi qui arpente Orléans. Le CDI avec les CDIères qui font « Chut, Marine ! », je devais me prendre en photo avec elles. Mon bus pour rentrer chez moi, le Transbeauce je devais me prendre en photo avec lui. Le vigile de H&M. Le théâtre d'[Olivier Py. La place du Martroi, le cinéma le select, le Paxton...Des endroits symboliques. J'ai bien pensé à Saint Dié des Vosges comme endroit symbolique, Guernesey, ou bien Besse-en-Chandesse dans le Massif Central. Heureusement vous saviez pas. C'est vrai j'ai pas arrêté de râler. On aurait pu faire un jeu de piste symbolique avec une maquette. Ou dans la chambre d'internal de Debarbat. Et puis elles se sont dit nan, on va la faire galérer. Je suis rentrée chez moi en rampant, et y'avait Pauline qui glousse qui m'attendait avec une rose blanche!

- Marine. J'ai quelque chose d'important à te dire.
- Euh...Vas y...
- Marine, veux-tu...Me dire pourquoi il est sept heures et demi et vous m'avez planté on devait sortir à sept heures personne me répondait au téléphone j'en ai marre tiens ta rose blanche tu vois ce que j'en fais


Nan, en fait elle a rien dit, même si on avait oublié le truc à sept heures, et la rose blanche je vais la garder toute la vie en signe de Pauline qui glousse. On faisait un jeu de piste aussi. Comme dans Koh Lanta je te dis. Avec moi en plus qui râlait à chaque étape.

- Je dois pas aller au Transbeauce quand même!
- Si, et économise tes forces, c'est que le début.
- Quoi? Mais moi je vais nulle part, je vais rentrer chez moi c'est pas la peine.
- Marine!
- Quoi Marine? Moi je m'en fous je me casse.


Et puis je suis restée bien sûr. Quelque jours après, comme c'était trop bien ma surprise, on a décidé de baisser le niveau pour l'anniversaire de Sanaa. C'était plus supportable. Alors samedi, on a été au Parc Astérix, encore une surprise.

- Les filles, ça va être pire que Marine ?
- Bah...La même mais à l'échelle de Paris.
- Un jeu de piste dans Paris ?
- Oui, et tu seras toute seule. Nan, c'est pas vrai. On peut rien te dire c'est une surprise.
- Je vais aller me prostituer en Moldavie ?
- Pas longtemps t'inquiète. Jusqu'à ce que tu trouves tous les indices c'est tout.
- J'espère que ça sera pas pire que pour Marine...T'façon c'est pas possible.

Là elle a pas tort. Par contre, moi je savais pas ce que ça allait être. C'était la surprise ! Pour Sanaa, c'était plus difficile. Le secret il a du mal à tenir avec le taux de quiche dans l'histoire. Environ 80% pure quiche. Y'a que Debarbat elle a fait aucune gaffe. Oui, mais elle a un regard méchant aussi. Nous on fait des gaffes. On est humaines. On est connes surtout. A sept heures du mat', avant même de partir, Sanaa elle savait tout. On lui avait parlé en tout un quart d'heure, avec Rassinoux, elle savait tout.

- Sanaa ! Alors tu stresses ? Tu sais pas où on t'emmènes hein ?
- Je suis fatiguée les filles, j'espère que vous me ferez pas courir...
- T'inquiète. Nous aussi on est fatiguée. Moi ce matin j'ai failli pas me lever, et puis après je me suis dit, ah non c'est le jour du Parc Astérix oh merde ! Hi hi hi ha ha ! C'est le jour ou on prend des pix. C'est le jour du risque, euh...
- Marine !
- Tu vas poucaver ? Tu le dis pas aux autres hein ! Tu fais comme si tu savais rien, d'accord ? Rassinoux, tu poucaves pas d'accord ?


Rassinoux après, elle a réussit à sortir "Space Mountain" dans la conversation. "La la la il fait chaud Space Moutain". Pas trop de rapport. Et puis...

- Ah, mais c'est pas une gaffe, en fait. C'est proche mais c'est pas une gaffe.

Genre Sanaa elle est conne, elle peut pas faire le rapprochement entre les deux grands parcs d'attraction en France.

- Hein Marine c'est pas une gaffe ? Moi j'ai fait moins pire que toi...

Vu que j'étais pleine de culpabilité. Et surtout j'avais peur que Debarbat elle me regarde avec ses yeux méchants genre t'es conne ma fille. C'est vrai en plus. Et bah j'ai décidé de sauver la situation.

- Sanaa, j'espère que t'as pas entendu hein...
- Bah...
- Sanaa. T'as pas entendu Vincennes ?
- ...
- Dis le pas aux autres, s'il te plaît. Et puis y'a plein de trucs à Vincennes, tu peux pas forcément savoir.


Mais Rassinoux avait sorti sa mentalité des trois quatre ans, elle voulait me couler pour que ce soit que moi qui fasse la gaffe, alors que Sanaa elle commençait à me croire. Si si.

- Mais Marine, pourquoi tu parles de Vincennes ? On va pas à Vincennes !
- Rassinoux, aide moi, on lui fais croire..
- On lui fait croire qu'on va à Vincennes ?
- Putain...
- Mais pourtant on va pas à Vincennes.


Là je me suis suicidé. On est monté dans le train.

PS: Photo de Sally Mann.

# Posté le vendredi 09 juin 2006 09:24

Modifié le vendredi 26 septembre 2008 05:41

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On est pas de celles qui cul-de-poulent leur bouche sur les photos je fais comme si je faisais un bisous vas y prends la photo mais vas y t'attends quoi. On est pas de celles qui mettent un faux tee shirt Dior à paillettes. Ni de celles qui disent j'étais trop bourrée à la dernière soirée quoi-an, je me rappelle même plus ce que j'ai fait imagine-an. On est pas sur tillate.com. Au collège, on était pas les moqueuses, mais les moquées. On est de celles qui se rappellent le prénom du gars au fond en CE2. On est de celles qui font de la psychologie made in Taiwan. J'ai peur de mettre "je" alors je mets "on". Il me faut du temps pour m'adapter, je me sens pas bien partout, je suis pas une jeune pleine de vie dans mon jean Energie. Je suis pas une jeune pleine de vie au milieu d'une bande de jeunes pleins de vie dans leur jean Energie. Mais ça se travaille hein. Un jour je serais peut être en photo avec les fashion-bourges qui font des soirées qui déchirent et qui prennent des photos bien où on voit qu'ils s'amusent regarde mon sourire sur la photo. Un jour peut être je serais une fashion-bourge, je ferais partie de la Jet set de mon enfance, de mon adolescence. Ceux qui s'amusent plus que les autres avec leurs jeans Energie.

Ce jour là, tuez moi.

PS: Photo de rineke Dijkstra.

# Posté le samedi 27 mai 2006 11:58

Modifié le vendredi 26 septembre 2008 05:45

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(Une voix off chuchote) Entrons maintenant dans le quotidien de ces petits hypokhâgneux. Pénétrons dans l'univers des érudits de la littérature. Seulement il est onze heures moins le quart et l'on ne distingue personne au bureau, je ne comprends pas, le cours devait commencer à dix heures.

- La prof de français : ( entre, et secoue la tête violemment pour remettre ses cheveux toute les minutes ) Excusez moi du retard, j'étais avec le proviseur adjoint dans les toilettes, euh dans le couloir, nous discutions des concours blancs.
- Quelqu'un : Mais c'est dans trois mois, non ?
- La prof de français ( Mal à l'aise ): On prend de l'avance. C'est pour être en avance sur les salles. Oui, voilà : on cherchait une salle, y'en avait pas, (commence à ralentir son énonciation, rêve ) alors on a été dans les toilettes, ( se reprend ) euh le couloir. Bon. On en était où ? Ah oui, le cours sur Baudelaire commencé un mardi en novembre, qu'on avait pas pu continuer suite aux grèves contre le CPE où j'étais avec le proviseur adjoint, (recommence à rêver) je me rappelle des toilettes de ce petit bar, ( se reprend ) euh...des défilés avec les banderoles contre le capitalisme sauvage. Hum, sauvage...
- Quelqu'un : Et Baudelaire ?
- La prof de français : Ah, oui, le cours. Bon, on commence, va falloir aller vite. Je vais tout placer en une demie heure, vous allez voir ça va être bien. Si, ça va être bien.


( Plan sur une montre, il est midi moins le quart )

- La prof de français : ( parle de plus en plus fort ) Baudelaire, les Fleurs du Mal, voyage intérieur, c'est un peu, dans Tableaux parisiens, un voyage dans un microcosme crée par le poète, UN MONDE CLOS, ( se met à chuchotter ) donc, un monde clos dans Paysage, c'est un peu une rupture ontologique, c'est moi qui l'ai inventé c'est bien hein, rupture ontologique. Bon, sinon, oxymore, esthétique de la surprise. Voilà, c'est bon, vous avez tout pour le concours blanc. On lève le camp !

Et bien, je ne comprends pas trop cet enseignement à forte teneur auditive. En gros je sais pas pourquoi elle crie des fois. Ca doit être une technique mise au point par normale Sup'.

- La prof de français: Nan, c'est juste moi, j'ai envie de crier.
- Une élève : C'est quoi l'esthétique de la surprise ?
- Une autre élève : C'est quand tu crois que tu vas apprendre des trucs, mais qu'à midi moins le quart t'as juste écrit Baudelaire sur ta feuille.


Entrons maintenant dans le microcosme ontologique de la géographie. La géographie, ça sert pas à rien. Ma prof de physique l'année dernière en S elle avait dit : « Tu prends une carte et tu suis la route. Qu'est ce que t'as besoin de géographie ? ». Bah si les routes elles sont barrées par exemple. Si y'a des travaux, tout ça. Alors vite, entrons dans le cours de géographie, vite. Parce que le cours de géographie, il va vite. Attention à ne pas dépasser la vitesse réglementaire. Ah ah ah.

- Prof de géo : ( s'agitant beaucoup, transpirant, s'essuyant avec un mouchoir. Parle vite, très vite, accélère au long de la réplique ) Bon, aujourd'hui on va faire un cours d'un quart d'heure sur le tourisme, ensuite une demi heure sur les transports en France, on passera à la population française, on trouvera les causes de la crise des banlieues et je vous montrerais mes photos de vacances. Ah, Monsieur Nadal ! Vous êtes en retard, plus d'une demie heure d'ailleurs.
( Emeric entre, chapeau, courbette, fait un tour sur lui même avant de s'asseoir )
- Prof de Géo : Monsieur Nadal a du passer une heure de trop devant son miroir ! Monsieur Nadal a eu du mal à mettre sa crème de jour ? Son mascara a coulé ? Il s'est cassé un ongle ?
- Quelqu'un : Tiens, en parlant de ça, votre vernis s'écaille monsieur.


En histoire, c'est le prof qui se fait agresser quand un élève arrive en retard.

- Prof d'histoire : Gambetta avait une moustache et un âge normal...Comme moi, pas vieux quoi. Hein, pas vieux. Je suis pas vieux. ( Se reprend, musique de « père Castor, raconte nous une histoire » ) Vous voulez que je vous raconte l'histoire de Marie Antoinette ? Y'a du sexe, y'a des hommes à moustache, ça va me reposer, je suis fatigué, ça fait quand même trois heures que je parle et que vous écrivez.
( Louise entre avec violence sans avoir frappé )
- Prof d'histoire : Bonjour Mademoiselle.
- Louise : (Regard noir ). C'est bon.
- Prof d'histoire : ( La regarde surpris et ne dit rien )
- Louise : ( Attitude de racaille ) C'est bon, laisse moi tranquille papi, je suis de mauvaise humeur là. Vous me dégoûtez, pourris de capitalistes. ( Se lève et chante « C'est la lutte finale » le poing levé ). Vous êtes des esclaves de la society, levez vous merde ! Engagez vous dans votre life-an! Manifestez ! Vous êtes tous assis à l'écouter, alors que nan ! Nan, quoi ! Je veux dire, voilà quoi !


PS: Photo de Nan Goldin.

# Posté le vendredi 26 mai 2006 05:55

Modifié le mardi 17 mars 2009 17:54

NOUS SOMMES DES SOEURS PAS JUMELLES ET YA QUE MOI QUI SUIS NEE SOUS LE SIGNE DES GEMEAUX.

NOUS SOMMES DES SOEURS PAS JUMELLES ET YA QUE MOI QUI SUIS NEE SOUS LE SIGNE DES GEMEAUX.
Y'a des trucs que j'ai jamais écrit mais dont je veux me souvenir. Des petits trucs. Pauline qui glousse avec son sac doré et les objets qu'on va vous perdre. Bonjour, bureau des objets pas encore perdus. Ou bien l'imitation de Jean Marc qui marche en claquant les doigts et en tapant dans ses mains. « Salut mademoiselle, moi c'est Jean marc, ça te dirait d'aller boire une Vittel fraise ? ». Pauline qui reste les bras sur les hanches genre tu rends compte pendant le cours. Tout ça pour un carambar. Le jour en philo où le prix Nobel de la paix de l'école d'ingénieur d'Islande il est venu nous dire que c'était bien l'hypokhhâgne, mais que bon, il était mieux avec miss monde. Le mec avec une tête de vainqueur il vient à Orléans nous dire ça. C'était nerveux, j'étais obligée de rire. Comme ma Paulinette qui prend une voix de tasse-pé pour dire « nan mais voilà quoi-an, enfin je veux dire-an ». Ses vannes qui me font glousser et qui me donnent envie d'aller en cours. Des fous rire en philo, le prof il disait rien. La pièce lundi, et le mort qui tousse. Les yeux de Rassinoux quand je parle chinois : ses yeux qu'elle croit méchants. T'sais, elle ouvre le plus possible et voilà. Ouah tu fous les jetons Rassinoux. Vincent Delerm en photo dans un grand cadre juste pour moi, une lettre de menace avec des lettres de journaux collées un matin de concours blanc. Nan, j'arrêterais pas de parler chinois. Le coup sur le bras pour dire au revoir qui fait des bleus. Y'a une barre de fer dans le bras de ]Rassinoux. Une soirée pancakes brûlés où on était à côté des casseroles, mortes de rire. Un jour au CDI où quand j'étais excitée à cause de l'homme de ma vie « Ah il m'a parlé deux secondes je vais mourir de bonheur », Paulinette elle l'était aussi. Rassinoux qui pose son index sur son nez toute les une seconde. Le concert de Cheikha Rimitti, quand je savais qu'il suffisait de croiser le regard des filles pour éclater de rire. Quand Rassinoux elle faisait semblant de se pendre avec son collier, quand on disait au revoir à Cheikha mais qu'elle s'en allait pas. Quand Pauline disait « J'veux aller gambader, je veux plus rester attachée » dans la nuit des rues de Bourges pour que j'avance plus vite. Quand on est sorti du premier concert de Bénabar avec Claire, en essayant de chanter « Est-ce de ma faute à moi, si j'aime le café et l'odeur du tabac ? Je coucher tard la nuit me lever tôt l'après midi, aller au restau et boire des apéros. ». Le kiss cool de Claire dans le bar en zèbre. « Venez on va essayer tous de boire du bain de bouche sans le recracher après. Et c'est deux euros. Du Jet 31. » Du Jet 172 nan ? Et Zeitoune. Ah, Zeitoune. Ariel Wizman croisé à Bourges, Claire nous fait „ Ca, c'est Zeitoune“. Un mot sorti de nulle part. Ca, c'est Zeitoune. Un mot inventé par son imagination qui était au taquet. Deux heures de fou rire suivi de deux mille heures de vannage.

PS: Photo de Sally Mann.

# Posté le vendredi 26 mai 2006 05:38

Modifié le vendredi 26 septembre 2008 05:48